The End of a Line…

Article commencé à la veille de notre retour en Belgique mais achevé deux bons mois plus tard…

Nous logeons dans une auberge de jeunesse en plein milieu du très animé quartier de Chinatown à Kuala Lumpur pour les deux dernières nuits de notre voyage. Demain soir l’avion nous ramènera en Belgique après un périple de 350 jours. Hier nous avons souhaité ‘bonne mer’ à notre valeureux et fidèle camion après l’avoir emmené à Port Klang. Notre agent portuaire devrait, si tout va bien, l’embarquer sur un porte-conteneur la semaine prochaine. Il sera monté sur un ‘flat rack’ de 40 pieds, une plateforme en acier qui sera hissée sur le cargo, tout en haut d’une pile de conteneurs. Ça risque donc de tanguer bien fort. Nous avons passé une journée entière à ranger et sécuriser nos équipements. Nous n’assisterons pas à l’arrimage du camion sur le ‘flat rack’ ni au chargement du camion sur le bateau. C’est l’agent qui s’occupera de tout. Ça me stresse un petit peu. Tine me rappelle qu’il faut parfois pouvoir lâcher prise. Plus facile à dire qu’à faire… Nous devrions récupérer notre camion à Anvers fin avril. Entier et sans trop de dégâts, je l’espère (ndlr : le camion a finalement bien survécu à la traversée).


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Émotionnellement la dernière nuit dans le camion fut un peu particulière. C’est quand même la fin d’une longue et belle aventure, un nouveau petit tournant dans nos vies même si nous savons a quoi nous en tenir pour la suite immédiate. Tine surtout a un peu de mal à quitter cette vie de nomade, tranquille et palpitante à la fois. Je lui dis qu’il faut parfois pouvoir lâcher prise. Elle me répond que c’est plus facile à dire qu’à faire… Moi, je ne suis pas vraiment fâché de ne plus devoir vivre à 5 dans 12 m2, de pouvoir sortir de chez moi après 20h et de disposer d’un lit suffisamment long pour ne plus devoir dormir en oblique dans un habitacle à 30°C.
En fait, même si ce fut un magnifique voyage à bien des points de vue, nous sommes tous heureux de rentrer, de retrouver notre maison, la famille, les amis et de reprendre l’école et les boulots.

Mais qu’en est-il de la Malaisie?

Bilan plutôt mitigé pour la Malaisie à vrai dire. Il faut noter que ce n’est bien sûr pas facile de passer juste derrière la belle Thaïlande et que nous étions depuis quelques semaines en mode ‘retour’, ce qui a sans doute porté un coup à notre curiosité habituelle et à notre capacité à nous émerveiller. Comme quoi les sentiments et les impressions (quand tout va bien) c’est surtout dans nos têtes que nous les créons, selon notre propre ouverture d’esprit. Comme quand on choisit le filtre qu’on place sur l’objectif de son appareil photo.

La Malaisie est un pays assez complexe en raison de sa diversité démographique. Seul 0,5% de la population appartient au groupe des Ourang Asli, les aborigènes qui proviennent de peuples anciens d’Asie du sud-est ayant entamé une migration vers le sud au moment où le niveau des mers était moins élevé et que l’Asie était reliée à l’Australie par la terre. Les Malais sont eux originaires d’une seconde vague d’immigration bien moins ancienne, en provenance de l’Indonésie. Ils représentent 60% de la population. Pour le reste, 25% est d’origine chinoise et 15% d’origine indienne. Naturellement beaucoup d’autres pays que nous avons traversés présentent des populations d’origines différentes mais en Malaisie ce mélange est plus apparent de par la couleur de peau et la diversité de religions et de mœurs.  Bien qu’en Malaisie, pays musulman, les trois groupes ethniques vivent sans trop de heurts (chacun étant libre de pratiquer sa religion et vivre selon ses propres coutumes), on remarque que les trois ethnies ne se mélangent pas beaucoup et on nous a confirmé que des tensions sont bien présentes.

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D’un point de vue géographique, la Malaisie est séparée en deux parties: la péninsule accolée au sud de la Thaïlande et voisine de l’ile de Singapour et la partie insulaire qui partage l’ile de Bornéo avec l’Indonésie et le petit sultanat de Brunei. Nous n’avons pu visiter que la péninsule avec ses longues côtes (mer d’Andaman à l’ouest et mer de Chine à l’est), ses iles et son pays intérieur qui, quand il n’est pas couvert de plantations d’huile de palmes (à perte de vue) ou de caoutchouc, abrite encore quelques jolies forêts vierges. La partie Bornéo est quant à elle essentiellement recouverte de forêts tropicales. Il fait chaud en Malaisie, en tout cas dans les plaines et le long des côtes. Pas aussi chaud qu’en Iran ou en Ouzbékistan quand nous y étions l’été dernier, mais une chaleur beaucoup plus humide et donc plus lourde, plus fatigante. Nous transpirons beaucoup…

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Après notre passage frontière en deux temps (nous avons dû y retourner le lendemain pour aller chercher le permis du camion et l’assurance que nous n’avons pas pu obtenir dans la première ville), nous mettons le cap sur l’ile de Penang. Nous visitons Georgetown, la capitale de l’ile, sous une chaleur de plomb et passons une bien mauvaise nuit sur un parking bruyant. Le moral n’est pas au top, je traine un rhume depuis notre départ de Ko Lanta, l’ambiance dans le camion n’est pas folichonne. Le voyage ce n’est pas des vacances… comme me l’a encore récemment rappelé mon ami Mathieu. Il faudra donc une deuxième visite de la ville sous des températures matinales, un passage chez le coiffeur et un bon resto indien pour redonner un peu de pêche à tout le monde. Georgetown est finalement une ville assez agréable. Ancien comptoir commercial, les bâtiments témoignent de son passé colonial. Les rues du centre sont animées, colorées. L’ambiance est plus brute et certainement moins gentillette et souriante que dans la plupart des villes thaïlandaises, mais pas dérangeante pour autant. Les enfants font le tour de la ville avec un plan thématique à la recherche des graffitis et peintures urbaines.

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Après Georgetown nous restons encore quelques jours sur l’ile mais du côté plage. L’étroite étendue de sable étant très en pente et donc dangereuse nous ne ferons que trempette. Les enfants sont initiés à la pêche à la ligne par des locaux. Depuis la plage, ils prennent certainement six ou sept poissons. Pas bien gros, mais c’est quand même un grand moment pour eux avec une excitation à son comble.

Mais il fait chaud à Penang. Alors nous décidons de grimper un peu et roulons vers les Cameron Highlands (toujours du côté gauche de la route bien sûr comme en Thaïlande; il va falloir se réhabituer à la conduite à droite en Belgique). Les Cameron Highlands, ce sont de grandes forêts tropicales, de magnifiques plantations de thé et une horticulture désordonnée avec des serres implantées un peu n’importe comment dans le paysage. La route est longue et sinueuse et très étroite sur la fin. Nous comptions nous installer sur une aire de parking sur un des principaux sommets de la zone mais nous y trouvons un commando de polices, pompiers et ambulance. Nous comprenons qu’une randonneuse s’est perdue dans la forêt il y a deux jours et que tous ces gens sont à sa recherche. Nous ne nous attardons pas trop pour ne pas déranger les opérations. Les enfants sont impressionnés et n’arrêtent pas de poser des questions (est-elle blessée, combien de temps peut-elle survivre, que devrait-elle faire pour tenir, comment retrouver son chemin ou avertir les secours?). Ce sera le sujet principal de leurs conversations pendant plusieurs jours, au-delà même de la bonne nouvelle que nous recevrons le lendemain concernant l’infortunée: retrouvée, blessée mais hors de danger. Nous trouvons un super bivouac au milieu des plantations de thé. La vue est magnifique. Il fait agréablement frais. Même la légère pluie nous fait un bien fou. On y restera quatre jours sans faire grand-chose à part quelques ballades.

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Mais il est temps ensuite de rejoindre la capitale. Nous avons des rendez-vous avec trois agents portuaires pour discuter des offres qu’ils nous ont transmises par mail pour le ‘shipping’ du camion vers la Belgique. Le transport maritime, c’est tout un métier. Il faut lire, s’informer, apprendre la terminologie et comprendre les opportunités et les pièges. Mine de rien, le shipping du bateau représente quand même un sérieux budget et un certain risque pour le camion. Mieux vaut ne pas trop se tromper. Les rendez-vous se déroulent finalement assez bien. Les agents semblent tous assez fiables. Ca permettra de choisir, c’est toujours mieux. Pendant ce temps Tine et les enfants profitent de la grande piscine du Royal Selangor Yachting Club où nous avons installé le camion, pas très loin du port.

Nous n’irons pas visiter le centre-ville de Kuala Lumpur cette fois-ci. Nous avons en effet rendez-vous sur la côte ‘est’ avec les ‘Camionautes’, une famille française avec deux enfants (10 et 14 ans, les trois grands frères, déjà adultes, étant restés au pays) ayant parcouru la même route que nous mais en deux ans. Autant dire qu’ils prennent leur temps. Ils campent au bord de la plage de Kuantan peu fréquentée, dans leur camion de pompier 4×4 aménagé, et ce depuis fin décembre. Ils y ont leurs petites habitudes et ont noué des relations durables avec les voisins. Nous passons trois agréables journées avec eux à flâner, discuter, bricoler, jouer au échec et bien manger. Le vent souffle très fort. Sur la côte ‘est’ c’est encore la saison de la mousson. Il pleut à verse plusieurs fois par jours. L’ avantage c’est qu’il ne fait pas trop chaud finalement. Les Camionautes lèveront le camp avec nous. Ils ont décidé d’essayer de passer la frontière thaïlandaise en douce sans permis (on apprendra deux jours plus tard qu’ils y sont parvenus). Ils reviendront ensuite passer quelques semaines sur leur plage préférée avant de retrouver les grands frères en Australie et d’envoyer leur camion au Chili pour faire la traversée des Amériques pendant deux années supplémentaires. Nous leur souhaitons bonne route!

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Nous remontons la côte ‘est’ vers le nord sans rien de bien spécial à signaler sinon notre rencontre avec un couple de Brésiliens en jeep Chevrolet aménagée, tout fraichement arrivés d’Amérique du sud après avoir démarré en Alaska. Ils sont un peu déçus parce qu’ils ont spécialement ‘shippé’ leur véhicule vers la Malaisie pour traverser ensuite l’Asie. Mais ils ont appris ensuite, comme beaucoup de voyageurs récemment, que la Thaïlande n’octroyait plus de permis pour les camping-cars. Ils ont donc modifié leurs plans et mettrons la jeep sur un nouveau bateau dans quelques semaines à destination de l’Australie. Nous leur signalons que certains postes frontière ne demandent pas ce fameux permis; les Camionautes nous en ont récemment fourni la preuve. Nous apprendrons quelques jours plus tard qu’ils sont eux aussi entrés en Thaïlande sans problème. Mais ils ne modifieront plus le planning et reviendront donc sur leurs pas dans quelques semaines pour mettre le cap sur l’Australie.

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Nous retraversons ensuite le pays d’est en ouest cette fois ci. Nous passons deux nuits au fameux Taman Negara (le principal parc national de la péninsule). Pas de trek dans la jungle cette fois-ci, mais une jolie ballade vers un beau spot de baignade dans la rivière toute proche. Le décor est des plus tropicaux. On s’attend à voir apparaitre un crocodile à chaque instant. Mais il ne s’agit heureusement que d’une impression. L’endroit est sûr;  quelques autres familles locales s’y baignent aussi. Tous tout habillés, comme partout en Asie d’ailleurs. Au bivouac nous surveillons un énorme nid d’abeilles sauvages perché bien haut sur un réservoir d’eau aérien. A deux reprises, chaque fois vers 17 h, un énorme essaim survole notre camion heureusement à une vingtaine de mètre de hauteur. Nous avons quand même décidé de nous réfugier momentanément dans notre camion. Le garde nous raconte qu’il a une fois été poursuivi par une colonne d’abeille et qu’il a dû courir jusqu’à la rivière pour s’immerger afin de leur échapper. Sa seule faute : avoir fait trop de bruit avec sa débrousailleuse.

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Nous passons ensuite quelques jours à Fraser’s Hill. Une sympathique petite station perchée à 1500 m d’altitude à environ 100 km au nord de Kuala Lumpur. Il y fait bon vivre et le climat est agréablement frais. Nous profitons de cette fraicheur pour préparer le camion pour le ‘shipping’. Il faut faire les valises, ranger les soutes, sécuriser le contenu, etc… on y passe une journée entière à deux pendant que les enfants profitent de la plaine de jeux toute proche. Nous avons en effet rendez-vous le lendemain avec notre agent dans le port pour organiser la mise du camion sur le flat rack, opération pour laquelle nous avions prévu deux jours. Ensuite nous devions encore passer une bonne semaine dans une auberge au centre de Kuala Lumpur avant notre vol de retour. Mais voilà que notre agent nous lâche à la dernière minute, soi-disant parce que le cargo aurait été annulé et qu’il n’en aurait pas d’autres avant fin avril. Mais nous pensons qu’il n’a simplement pas réussi à dénicher un ‘flat rack’. Ça ne se trouve en effet pas à tous les coins de rue. Dire que nous avions choisi notre agent parce qu’il nous avait été recommandé par  mon employeur. Heureusement nous avions négocié en parallèle avec Daryl, un autre agent portuaire, bien connu des voyageurs au long cours qui font escale en Malaisie. Nous reprenons contact et il nous confirme qu’il peut nous trouver un ‘flat rack’ et hisser notre camion sur le bateau début avril. Après notre retour certes… mais Daryl a bonne presse et nous lui faisant confiance. Nous ne serons finalement pas déçu.

Nous rejoignons donc la capitale en camion et choisissons d’aller nous installer aux pieds des tours Petronas. Nous nous faufilons entre les gratte-ciels sous une pluie torrentielle et des coups de tonnerre phénoménaux. Nous sommes très impressionnés; les enfants atterrés. Heureusement le déluge se calme après une bonne heure. On se rendra compte qu’à Kuala Lumpur il fait beau le matin, ça se couvre (et il fait lourd) l’après-midi jusqu’à ce qu’un très gros orage vienne faire de la place à une nuit calme et quelque peu refroidie par la pluie. Tous les jours le même schéma. Par hasard, nous trouvons une cour asphaltée autour d’un bâtiment qui doit bientôt être démoli. L’endroit est idéalement en retrait, tout proche du parc KLCC (pour Kuala Lumpur City Center) et nous avons vue directe sur les tours. Magnifique spectacle lumineux une fois la nuit tombée. La société de démolition nous laisse nous installer mais pour deux nuits, pas plus…

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Nous passons donc quelques jours dans le quartier huppé de KLCC. Centres commerciaux de tout grand luxe, sièges des grands groupes internationaux, appartements de standing pour expats, restaurants chics,… Tout se luxe, ça fait un peu bizarre. Nous en profitons pour nous renipper chez Uniqlo. Les enfants passent de bien agréables moments au musée des technologies et à l’aquarium. Je m’octroi quelques heures seul dans une énorme librairie internationale et m’offre mes deux premiers livres depuis un bon bout de temps. Quel bonheur… et ça tombe bien, je n’avais plus rien à lire pour l’avion.

Nous bougeons ensuite vers le quartier de Chinatown, beaucoup plus populaire, où nous avions réservé une auberge de jeunesse. Le lendemain nous faisons la connaissance des Couval (Céline et Simon et leurs trois enfants Justin, Marguerite et Tanguy). Ils sont en route depuis 2 ans et ont sillonné les Amériques avant de rejoindre l’Asie.  Nous passons une chouette après-midi ensemble au ‘bird parc’, splendide ensemble de volières pleines d’impressionnants oiseaux tropicaux et nous les retrouvons deux jours plus tard au Yacht Club de Selangor pour préparer les camions pour la traversée en mer, nous pour Anvers, eux pour l’Australie. On aurait bien passé un peu plus de temps avec eux mais il fallait terminer les préparatifs à temps et ils avaient un avion à prendre le lendemain. Les six enfants sont en larmes quand c’est l’heure des adieux…

Nous laissons donc notre camion au port et reprenons le train vers notre auberge de Chinatown. Dans deux jours, nous serons à Bruxelles. L’excitation de retrouver nos proches domine. Les regrets de la fin de ce beau grand voyage ce sera sans doute pour plus tard…

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Voilà, cet article clôture notre bien joli périple en famille sur les routes d’Asie. Nous espérons que vous avez eu du plaisir à suivre nos aventures. En ce qui nous concerne, nous nous sommes véritablement régalés. Même si ce n’était pas tous les jours facile, notamment du fait des 24 h sur 24, 7 jours sur 7 avec les enfants. Mais en tant que parents nous avons eu la chance de passer une année entière avec eux. Nous avons eu le temps de les voir grandir. Nous espérons avoir pu planter quelques graines de curieux dans leurs petites têtes. En tout cas nous revenons la tête pleine de souvenirs.

Nous vous remercions pour vos nombreux messages qui nous ont à chaque fois fait très chaud au cœur…

 

 

 


Eating along the line

Nous l’avions promis dans un article précédent. Certains nous ont posé la question. Voici donc quelques lignes au sujet du volet ‘culinaire’ de notre voyage. Car si pendant cette année nous en avons pris plein les yeux, nos papilles gustatives en ont également vu de toutes les couleurs…

On sort ou on mange à la maison?

Notre camion est équipé d’une toute petite cuisine avec trois becs au gaz et un frigo suffisamment grand fonctionnant à l’électricité (batteries alimentées par les panneaux solaires). Il nous arrive donc régulièrement de cuisiner nous-même dans le camion.

En général nous prenons notre petit déjeuner ‘à la maison’. Il fait partie de notre petit rituel matinal. Plutôt occidental avec pain, beurre, confiture, choco ou beurre de cacahouète, des produits pas toujours faciles à trouver sur les marchés ou dans les petits magasins locaux à partie de l’Asie centrale. En effet, les locaux mangent plutôt salé au petit déjeuner. Mais en faisant de temps en temps les courses au supermarché où on trouve toutes ces petites choses (même si le choix n’est pas énorme). A partie du Laos nous avons pu nous régaler chaque matin d’une riche salade de fruits selon le choix du marché (papayes, ananas, mangues, fruits de la passion… qui ne coûtent quasi rien).

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Les repas dans le camion sont souvent simples et plutôt d’inspiration occidentale:

  • Salade mixte et pain. On trouve plein de légumes variés dans les Balkans, en Turquie et en Iran; le choix est un peu plus limité en Asie centrale mais on trouve toujours de quoi préparer une bonne salade.
  • Salade de riz. Vu les températures on préfère le riz froid, toujours moyen de trouver de la mayonnaise dans les supermarchés. A partir de la Chine on mange tellement de riz dans les restos que nous avons arrêté d’en cuisiner nous-mêmes.
  • Pâtes à toutes les sauces. Les enfants préfèrent la bolo, mais nous en avons préparées aux foies de volailles, aux champignons crème, au brocoli parmesan (merci à tous ceux qui nous ont ramené un bloc lors de leur visite).
  • Omelettes, œufs sur le plat ou à la coque.
  • Stoemp (les enfants en raffolent, ça change du riz).
  • Crêpes et pain perdus font bien sûr l’unanimité. Le problème c’est qu’après, à l’heure du coucher, il fait un peu chaud dans le camion. Donc nous en faisons surtout quand nous sommes dans les montagnes.

Quand nous ne sommes pas dans des endroits trop reculés, nous prenons souvent un des deux repas de la journée à l’extérieur. Il s’agit le plus souvent d’un restaurant ‘cuisine locale’ à prix démocratiques ou d’une gargote sur l’un ou l’autre ‘food market’. C’est souvent pittoresque, les fourneaux ne sont pas toujours d’une propreté irréprochable et heureusement pour le patron, l’Afsca ne passe pas bien souvent. Mais nous y avons presque toujours très bien mangé et jamais nous nous sommes retrouvés malades. Sauf Tine une fois en Chine, d’ailleurs après un ‘hotpot’ dans le resto le plus haute gamme de tout le voyage. C’est tout dire…

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Toute sorte de pains

Nous avons mangé du pain délicieux pendant toute la première partie du voyage, mais à partie de la Russie le bon pain se fait plus rare et est même quasiment introuvable en Chine et en Asie du sud-est où ils ne connaissent que le pain de mie (souvent industriel) ou la brioche. Sauf dans quelques rares boulangeries françaises au Laos ou au Cambodge. Alors il arrivait à Tine de faire du pain dans le camion, à la poêle tout simplement. On adorait. En Chine le seul pain convenable que nous avons mangé est le bing. Il s’agit d’un petit pain à la farine de blé en forme de disque d’une épaisseur de 2 à 3 cm, parfois fourrés de viande de porc ou de canard.

En Turquie quand on demande du ekmek dans une boulangerie, on reçoit en général un pain blanc à croute, rond ou ovale, à mi-chemin entre le pain galette belge et la baguette française, et ce même si le terme ekmek est général et rassemble donc bien d’autres types de pain. Nous avons gouté bien sûr au pain pide (pain circulaire, moelleux et assez aéré, légèrement doré qui se déchire avec les mains suivant le quadrillage dessiné sur sa surface), au pain bazlama (pain levé à la farine de blé, ressemblant à un pain pitta mais un peu plus épais) ou au pain simit (pain en couronne recouvert de graines de sésame après avoir été trempé dans de la mélasse de raisin; on en trouve à tous les coins de rues; moelleux ou croustillant).

En Iran le pain est délicieux quand on le mange frais. Par contre le lendemain il est dur comme la pierre. C’est pour cela que les boulangers (que l’on trouve facilement dans chaque village, souvent sur la route principale, légèrement en dehors du centre, ne nous demandez pas pourquoi) cuisent matin et soir. Et parfois même en journée. On savourait notamment le nan e barbari (pain fin – 2cm – de farine de blé, cuit dans un four à pain traditionnel, saupoudré de graines de sésame et pouvant mesurer jusqu’à plus de 70 cm de long et 25 cm de large, vraiment délicieux quand il est bien frais), le nan e sangak (pain ultra fin – 1 cm – de farine de blé et levain, cuit au four sur un lit de pierre rondes ce qui lui donne un aspect ondulé, vraiment excellent quand on le mange rapidement après l’avoir acheté brûlant à sa sortie du four et avoir retiré soi-même dans la boulangerie les derniers cailloux qui collent encore au pain – un couteau spécial est mis à disposition à cet effet) ou encore le nan e lavash (feuilles de pain ultra fin – 1 ou 2 mm – cuit dans un tandoor, un four rond en argile). On trouvait du pain encore plus fin (de vraies feuilles de pain) dont on ne se souvient plus trop du nom.

En Ouzbékistan et au Khyrghyzstan, le pain (appelé ‘non‘) est dense et consistant, sans croute mais bien doré quand même, rond, généralement avec un trou au milieu. Ce pain est délicieux.

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Le riz, la patate de l’orient

Du riz, nous en avons mangé à toutes les sauces. Le riz constitue de loin l’aliment principal dans toute l’Asie du sud et l’Asie centrale. Ce n’est vraiment qu’en Russie et en Mongolie qu’il ne fait pas partie du menu quotidien.

Le riz iranien est un des meilleurs riz que nous avons eu le plaisir de goûter. Dans le sud de l’Iran nous avons sympathisé avec un représentant de riz du Gilan, la province située le long de la mer Caspienne, réputée pour son excellent riz. Pour lui, il s’agit du meilleur riz au monde, bien meilleur que le riz américain, indien, chinois ou en provenance d’Asie du sud-est. Et pour nous convaincre il est allé chercher dans son coffre de voiture un sac de 10 kg qu’il nous a généreusement offert. Nous en avons mangé jusqu’en Chine. Et nous sommes devenus accros au riz iranien, en effet souvent bien meilleur que celui que nous avons eu l’occasion de goûter ensuite dans les restaurants chinois ou thaïlandais.

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Le riz thadig iranien est un riz blanc cuit à l’eau et dont le fond, après l’évaporation de l’eau, est roussi sur feu doux. Après formation d’une croute de fond bien croustillante la casserole est renversée sur le plat qui sera servi à table. Nous gardons le délicieux souvenir d’un excellent thadig préparé par notre ami Shapour chez lui à Mashad.

Nos enfants, qui sur le point gastronomique se sont aventurés un peu moins que ce que nous aurions pu le penser avant le voyage, ont ingurgité une quantité phénoménale de riz sauté (‘fried rice’). Plat facile, toujours bon, jamais trop épicé. Appelé plov en Asie centrale, khao pad en Thaïlande et nasi goreng en Malaisie (nasi = riz, goreng = sauté/frit).

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En Asie du sud-est, on trouve également du ‘sticky rice’ (kôw née o en thaï), un riz blanc, collant souvent préparé dans des tiges de bambou; se mange tel quel ou en accompagnement. Les moines boudhistes en reçoivent très tôt chaque matin quand ils passent dans les rues pour collecter leur repas quotidien offert par la population locale. En Malaisie nous avons aussi goûté au délicieux nasi minyak (riz sauté au ghee – beurre clarifié indien – et cuit ensuite à l’eau) et au nasi lemak (riz gluant dans feuilles de bananes, cuit dans du lait de coco), ainsi qu’au biryani (essentiellement en Malaisie, riz sauté au ghee avant cuisson et épicé avec de la cannelle et de la badiane notamment, une spécialité indienne). Une grande communauté indienne vit en effet en Malaisie.

Nous n’avons pas voyagé à la bonne saison pour pouvoir admirer les paysages typiques de rizières d’un vert tellement photogénique. Nous avons toutefois aperçu quelques jolies parcelles en Iran entre la côte Caspienne et les montagnes Alborz. En Chine, nous aurions dû pouvoir admirer les ‘rice terrasses’ de Honghe Hani dans le Yunnan, mais le brouillard épais en a décidé autrement. On n’y voyait rien à dix mètres. En Asie du sud-est, la récolte était terminée. Seuls quelques champs étaient encore joliment couverts de plants de riz destinés à la collecte des graines pour le semis de l’année suivante. C’est en frappant à la main les tiges de riz séchées sur un tapis à même le sol que les femmes collectent ces graines. Nous avons pu voir cette activité à plusieurs reprises au bord de la route.

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La chaleur, ça donne soif

On a toujours bu l’eau de notre camion. Nous avons un réservoir d’environ 110 litres connecté à un filtre spécial pour eau potable. Nous remplissions ce réservoir en moyenne 1 fois par semaine dans les stations-services ou partout où on pouvait s’assurer qu’il s’agissait bien d’eau de ville et pas d’eau provenant d’un puits. Nous n’avons que très rarement payé pour l’eau. En Mongolie, on trouve dans les quartiers des ‘gers’ (le terme mongol pour ‘yourtes’) de chaque petite ville des ‘waterhouses’, petites constructions en béton abritant une grosse citerne d’eau potable (ravitaillée régulièrement par camions citernes) où viennent s’approvisionner à l’aide de jerrycans les habitants des ‘gers’, non raccordées au réseau de distribution. Nous attirions toujours la curiosité des habitants quand nous venions nous ravitailler à ces ‘waterhouses’.

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Mais c’est bien sûr le thé qui constitue la boisson la plus populaire en Asie. Çay en Turquie, Chai en Iran, de nouveau çay en Asie centrale et tsai en Mongolie. Un exemple linguistique parmi d’autres pour illustrer le fait que les turcs de Turquie sont bel et bien descendants des peuples mongols. C’est quand même en Turquie que le thé, véritable boisson nationale, nous a paru le meilleur. Nous avons eu le plaisir de visiter de bien jolies plantations dans les montagnes du nord-est, ainsi qu’une fabrique de transformation du thé où on nous a gentiment offert une visite guidée fort intéressante. En Iran, le thé est très souvent aromatisé à la cardamone. En Mongolie, le thé est salé et mélangé avec du beurre et du lait de yak. Le goût est très prononcé. Il faut s’y habituer. En Malaisie nous avons passé trois nuits en plein milieu des plantations de thé dans les Cameron Highlands, un des plus beaux bivouacs du voyage.

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Côté alcool, pas grand-chose à vrai dire jusqu’en Asie centrale (si ce n’est l’excellent vin macédonien). Religion oblige. Mais ensuite on passe rapidement à la vodka (influence russe en Asie centrale). Il y a toujours une bonne occasion pour ouvrir une bouteille, notamment quand on rencontre un étranger qui voyage avec sa famille dans un drôle de camion vert. Et une bouteille ouverte doit être terminée, c’est la règle. De préférence en vidant son verre d’un coup, après quoi il est bon de croquer dans un abricot ou une pomme. Et puis il y a souvent une deuxième bouteille qui sort de quelque part. Et on recommence. Et ce n’est pas parce qu’on est une femme qu’on y a pas droit. Demandez donc à Judith…enfin si elle se souvient…

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A partir de la Chine c’est la bière qui détrône la vodka. Et étant donné qu’avec nos compagnons de route (français, allemands et américano-australiens) les soirées étaient longues et souvent bien arrosées, nous en stockions des quantités non négligeables dans les véhicules (Tsingtao en Chine, BeerLao au Laos; Angkor au Cambodge ou Singha en Thaïlande). Et pour changer on se concoctait de temps en temps de délicieux mojitos rafraichissants avec du whisky de riz en Chine ou du LaoLao au Laos. Ça c’était quand les enfants étaient déjà au lit. Sinon, en journée en Asie du Sud-est nous nous régalions de ‘fruit shakes’ à tous les parfums imaginables. Parfois les jus de fruits étaient ‘améliorés’ au sel et au lait concentré sucré (nous n’avons pas trop accroché). En Malaisie, nous avons particulièrement aimé les lassis (boisson indienne au yaourt parfumée aux fruits ou nature) et le singer (jus de citrons frais, très rafraichissant). Partout, nous avons bu nos boissons fraiches avec des glaçons et jamais nous n’avons eu de problèmes. Il faut dire que les locaux, du moins quand ils ne vivent pas dans le fin fond de la jungle, sont très attentifs à ne pas boire d’eau non filtrée.

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Nos observations par pays/région

Dans les Balkans, il faisait encore froid et il a beaucoup plus. Nous avons souvent cuisinés nous-même dans le camion. En Slovénie on se souvient d’un excellent spaghetti aux champignons des bois et d’un copieux ričet (soupe de blé avec haricots blancs et saucisse fumée). Nous avons aussi goûté à quelques excellentes truites grillées en Albanie et en Macédoine. Mais nous n’avons finalement mangé que très peu de poisson pendant notre voyage. D’abord pas question d’en cuisiner dans le camion si nous ne voulions pas devoir supporter l’odeur dans notre habitacle pendant les jours suivants. Et puis dans les restaurants les plats de poisson étaient bien souvent les plus chers et vu qu’il fallait tenir le budget…

La Turquie c’est bien sûr le pays du kebab (viande grillée sur brochette –shish kebab – ou sur tournebroche vertical – döner kebab) et du köfte (viande hachée en brochette ou en boulette). On en trouve à tous les coins de rue. Bien sûr nous nous concoctions très souvent de bien bonnes salades avec olives et feta. Comme dans les Balkans et en Bulgarie, on trouvait en Turquie les délicieux boreks, des ‘chaussons’ de pâte feuilletée fourrés aux épinards et à la feta. Les enfants ont adoré les pommes grenades. On y mangeait aussi énormément de pommes et de divers fruits secs (pistaches et graines de tournesol notamment) et bien sûr du melon et de la pastèque. Quand on nous offrait le thé, les enfants prenaient de l’elma çay, un thé à la pomme, très sucré, parfois fait avec des pommes séchées mais bien souvent de façon moins naturelle en ajoutant de l’eau chaude sur une poudre provenant d’un sachet.

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Avoir visité l’Iran pendant la période du ramadan constitue peut-être un des quelques petits regrets de notre voyage. De ce fait nous n’avons pas pu découvrir la cuisine perse autant que nous l’aurions souhaité. Nombreux restos et gargotes étaient fermés en journée. En raison du ramadan, les repas chez l’habitant (les iraniens sont d’une très grande hospitalité: si on se laisse aller, on peut se faire inviter presque tous les jours pour partager les repas du soir) commençait toujours après 21 h pour se terminer rarement avant 1 h du matin. Avec les enfants qui ne pouvaient pas attendre si tard le repas du soir et qui manquaient cruellement de sommeil en cette période nous avons dû décliner plusieurs fois les invitations.

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Les repas iraniens commencent généralement par le thé, servi avec des biscuits, des fruits frais (c’était la saison des abricots et des mûres) et fruits secs (pistaches). Cet apéritif peut durer une ou deux heures. Il est pris à même le sol, sur des coussins, tous ensembles, les femmes faisant des allers et retour vers la cuisine. De temps en temps les hommes sortent sur la terrasse pour fumer une cigarette et tailler une bavette. On déroule ensuite une nappe en plastique sur le tapis du salon et on la recouvre ensuite d’un tapis carré spécial repas. Toute la famille (souvent grands-parents, parents et enfants) prend place autour du tapis et les plats sont déposés au centre. Il s’agit d’abord d’une soupe de légumes au yaourt, à l’ail, menthe, estragon et coriandre (aash doogh) et ensuite d’un poulet mijoté dans une sauce tomates ou de bœuf ou agneau à la sauce menthe servi avec du riz blanc ou du riz parfumé au safran.En fait, ce ramadan ne constitue qu’un demi-regret parce que nous avons pu assister maintes fois à l’iftar, le rompt du jeûne. En Iran on dirait que tous les habitants des villes se retrouvent vers 21 h dans les parcs publics pour partager en famille un repas constitué de fruits, riz et viande en sauce. Ensuite ça discute, ça joue, ça fume le narghilé, et ce jusque bien tard dans la nuit. Beaucoup de gens y ont installé leur tente pour y passer la nuit. Nous installions notre camion bien souvent le long ou même dans les parcs publics. Nous allions rarement nous coucher avant 1 h du matin et à cette heure les parcs étaient encore bondés.

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Tous les iraniens ne pratiquent pas le jeûne. Dans beaucoup de familles progressistes la table du déjeuner est dressée même pendant le ramadan. En public c’est un peu plus compliqué: on risque jusqu’à deux mois d’emprisonnement et 74 coups de fouet. Dans la seule ville de Shiraz, 500 personnes auraient été jugées coupables d’avoir enfreint les règles du jeûne en public en 2015 et 3.000 personnes auraient reçu un avertissement. L’astuce c’est de faire du tourisme. En effet, le croyant qui voyage n’est lui pas soumis aux règles strictes du jeûne. Un petit weekend à la campagne permet donc de reprendre des forces. Curieusement, nous avons rencontré de très nombreux iranien ‘en voyage’ dans leur propre pays en cette période de ramadan. Mais attention, le Coran stipule que ces jours doivent être compensés et que le voyageur doit continuer le jeûne après le ramadan pendant autant de jours qu’ont duré ses petites escapades…

En Iran, nous n’avons jamais autant mangé d’abricots. Dix kilos par semaine pour nous cinq ne me parait pas exagéré. On nous en offrait des sacs et des sacs, à chaque rencontre, à chaque coin de rue. Et ils étaient délicieux, on s’en est jamais lassé. C’était aussi la saison des cerises et des mûres (le fruit du mûrier, à ne pas confondre avec nos mûres des bois). On trouve des mûres noires et des mûres blanches. Nous préférions les blanches bien sucrées.

En Asie centrale, la nourriture est en général un peu grasse, mais assez variée finalement, avec des inspirations russes et chinoises. Nous avons aimé le plov (mouton, ail et carotte frits mélangé à du riz cuit), le laghman (soupe épicée de noodles et viande de mouton), les mantys (dumplings de viande de mouton et d’oignons), les samsas (samossas frits), les shashliks (brochettes de mouton servies avec des oignions crus), le shorpo (soupe de viande) et le beshbarmak (viande de mouton ou de cheval bouillies mélangée à des pâtes fines, c’est le plat national khyrghyz).

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Le jarma (boisson nationale kyrghyze faite de céréales et de ayran, bue très fraiche) est un peu spécial, mais pas mal non plus. Par contre, nous avons eu plus de mal avec le gras du cul du mouton (servi aux invités féminins de marque) et avec le kumiz (lait de jument fermenté) vraiment imbuvable. Pour apéritif nous avions pris l’habitude de croquer dans du kurut (boulette de fromage séché, ressemblant à un petit crottin de Chavignol mais en moins snob) en buvant une bière bien fraiche. Au Khygrghyzstan, dans les régions boisées, pas mal de gens pratiquent beaucoup la cueillette et vendent ensuite leur seau de framboises ou autres baies au bord des routes ou sur les marchés. Cette même tradition existe aussi en Sibérie. Au bord des routes, nous nous sommes souvent régalés pour trois fois rien.

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Nous nous étions bien préparés mentalement pour affronter la cuisine mongole: süüttei tsai (thé salé au lait et au beurre) ou airag (lait fermenté), aaruul (biscuit salés de lait séché) suivi de shölte khool (bouillon de mouton avec des morceaux bien gras et bien durs à mâcher, de temps en temps une pomme de terre et quelques pates) et parfois un buuz (dumpling au moutons, oignons et ail). Et ce chaque jour, matin, midi et soir pendant toute la durée de notre séjour… Et en effet, les menus proposés dans les ‘ghers’ ou les gargotes des villages ne sont pas beaucoup plus élaborés. Par contre sur les marchés des villes moyennes on trouve maintenant une bien plus grande variété de fruits et légumes qu’il y a quinze ans, nous assure Tine. Et les supermarchés de Ulan Bator sont presque aussi bien fournis que ceux de Bishkek ou de Tashkent et on y trouve toute sorte de produits chinois et occidentaux. Ceux qui le désirent, peuvent aussi dans la capitale se payer en KFC, un McDo, un Burger King ou Pizza Hut (pas sûr que ce soit meilleur qu’un repas mongole traditionnel mais ça change pour les quelques occidentaux qui vivent à UB en permanence). Nous n’avons donc finalement pas trop souffert du régime mongol, moins austère que nous l’avions craint.

Cependant nous étions quand même très impatients d’entrer en Chine pour trouver des alternatives à nos repas au mouton et finalement goûter à la vraie cuisine chinoise qui n’a bien sûr rien à voir avec le ‘take away’ de l’avenue Houba de Strooper. En fait, on peut difficilement parler d’une seule cuisine chinoise. Il existe plusieurs tendances, très différentes les unes des autres. La cuisine de nord, austère, d’inspiration mongole (plus de blé que de riz et encore du mouton…); celle de l’est très diversifiée, moins assaisonnée et connue pour ces ragouts de viande ou celle du Sud, diversifiée elle aussi, plus épicée, à base de riz et privilégiant la friture et la cuisson à la vapeur. A l’ouest (Sichuan et Hunan) on trouve des viandes marinées puis cuites en friture ou sautées, accompagnées de champignons ou pousses de bambou, le tout très relevé avec piments, poivre, ail et gingembre, accompagné de riz bien sûr. Quant à l’extrême ouest là c’est encore bien différent avec des inspirations tadjikes et khyrghyzes. En 27 jours de voyage en Chine sous un tempo élevé, nous n’avons bien sûr eu que quelques impressions.

Notre premier petit déjeuner chinois fut typique (pour la région) mais légèrement en dessous de nos attentes. Dans une salle d’hôtel (nous avons dû loger deux nuits à l’hôtel à la frontière en attendant que les papiers du camion soient réglés) austère et mal éclairées au néon, on nous a servi du zhōu (bouillie de riz), des bāozis (brioches spongieuses cuites à la vapeur, nature ou farcies à la viande de … mouton), un oeuf dur et du thé salé. Heureusement, le repas du midi dans un restaurant proche nous a rassurés quant au programme culinaire des semaines suivantes. Une soupe de nouilles à concocter soi-même en choisissant les différents ingrédients dans les présentoirs réfrigérés (type de nouilles, viandes, légumes et épices). Cette cuisine aromatisée, fraiche et variée nous fait beaucoup de bien.

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Vu notre façon de voyager nous avons surtout expérimenté ce qu’on appelle la ‘street food’. A Pékin, nous goûtons aux shuíjiāo (raviolis farcis à la viande, accompagné de sauce soja, de piment, de vinaigre). A Xian le ‘food market’ de la vieille ville offre un spectacle visuel impressionnant. Nous nous y régalons en compagnie de Jenny et Arne, nos amis allemands. Brochettes de viandes caramélisées au miel, fruits de mer, dim sums, sucreries à gogo,…

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A Chengdu nous invitons notre guide et sa jeune épouse pour partager un hotpot, une fondue chinoise avec grill sur table. Resto plein à craquer, ambiance animée, repas épicé et excellent. Je me suis essayé à la cervelle, Tine n’a pas osé. Pourtant c’est elle qui a eu une fameuse indigestion le lendemain, notre seul vrai souci intestinal de tout le voyage si on fait abstraction des estomacs brouillés en raison de soirées trop arrosées. Dans le sud (Yunnan, Sichuan), les plats sont plus relevés encore. Il faut préciser ‘not too spicy’, souvent avec des gestes et des grimaces parce que l’anglais ne fait que rarement mouche et notre accent mandarin ne parait pas convaincre. On se régale de plats de viande marinée (porc, bœuf, poulet ou canard) cuite en friture ou sautée avec légumes au choix (poivrons, champignons, piments ou haricots verts), servis avec du riz blanc. Je me dois enfin d’avouer avoir goûté de la viande de chien avec mon ami Arne. Je n’en suis pas très fier et le fait que nous n’étions plus très sobres après cette fameuse soirée karaoké n’est pas une excuse très valable. Toujours est-il que je ne me souviens plus vraiment du goût, si ce n’est que c’était très épicé.

Les marchés en Asie sont souvent bien colorés, mais aussi très odorants. Il faut avoir les tripes solides pour s’aventurer dans les recoins sombres où s’étalent viandes et poissons. C’est particulièrement le cas en Chine. Pas rare de voir de gros serpents coupés en morceau ou des petits singes ou raton-laveurs écartelés sur des bâtons de bois. Le lendemain de notre soirée “canin-vore”, je me promenais seul sur le marché de Yuan Yang à l’heure de fermeture. J’y ai aperçu des dizaines de cages de poulets vivants avec à l’avant-plan une espèce de guillotine ensanglantée. Plus loin dans une allée sombre il y avait plusieurs cages entassées les unes sur les autres où étaient emprisonnés des chiens pas très reluisants, le regard abattu. J’en ai eu un haut le cœur et ne me suis pas attardé, un peu honteux.

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En Asie du sud-est, on se régale de toutes sortes de bons petits plats préparés à base de poulet, de bœuf ou de porc. En général tous les plats de riz et de nouilles se conjuguent aux trois viandes ou aux scampis. C’est au choix. Mais il y a aussi les délicieuses soupes, en particulier la soupe de nouilles du Laos, parfumée à la citronnelle et servie avec un plat de haricots frais, piments, feuilles de menthe, basilic thaï et coriandre. Oooh que les soupes laotiennes sont bonnes! Le plat le plus spécifique du Laos est cependant le láhp, une salade épicée constituée de viande hachée ou de poisson haché, sauce poisson, échalotes, feuilles de menthe, jus de citron vert et riz grillé et beaucoup de piments. Le tom yam cambodgien ou thaïlandais vaut aussi la peine, plus acide (tomates) et souvent très épicé, viande, poisson ou fruits de mer au choix. Les currys sont tout aussi délicieux, viande ou poisson au choix, verts (piments verts, feuilles de lime kéfir et coriandre, le moins épicé), jaunes (curcuma) ou rouges (piments rouges, le plus épicé). Nous n’avons quasiment jamais été déçus. Dommage cependant que les currys me donnaient à moi souvent des problèmes d’acidité gastrique (peut être le lait de coco?). J’ai donc modéré un peu ma consommation. Tine par contre ne s’est pas privée. Au Cambodge, on a goûté au prahoc, une pâte de poisson fermenté enroulée dans des feuilles de bananes, bon dieu que c’était mauvais. Le amok (poisson cuit dans des feuilles de bananes avec noix de coco et citronnelle) est un délice par contre. En Thaïlande nous commandions souvent un pàt tai, des nouilles sautées caramélisées (bon mais un peu écœurant à la longue) ou un sôm dam, une salade de papaye verte agrémentée de tomates, citrons verts, piments, sucre, cacahouètes et crevettes séchées (rafraichissante, mais très très épicée si on ne précise pas “not too spicy”). Au bord des routes ou sur les marchés, le poulet grillé au barbecue, tenu dans une tige de bambou fendue en deux connait un franc succès. Tout simple et très bon. Dans chaque ville du Laos à la Thaïlande ont lieu entre 19 et 22h environ des marchés de nuit (quotidiens dans les villes touristiques, hebdomadaires dans les villes plus reculées) où se vendent vêtements et produits artisanaux (pas très intéressant à vrai dire) mais aussi toute une série de bonnes petites choses cuisinées sur le pouce. Nous aimions nous promener dans ces sections alimentaires pour découvrir les spécialités locales. Dans le sud, ce fut une aussi une fête quotidienne de fruits exotiques: bananes, ananas, papayes, mangues (importées du Vietnam car pas la saison à l’ouest), mandarines, citrons verts, longans, fruits passions, jackfruits. Oh que ces salades de fruits quotidiennes vont nous manquer dans quelques jours…

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La cuisine en Malaisie reflète les influences multiples du pays et sa population contrastée (malais, chinois, indiens). Pas de porc bien sûr vu qu’on se trouve dans un pays à majorité musulmane. Mais beaucoup de poulet ou de poissons en sauce servi avec du riz et des légumes cuits. Un assaisonnement prononcé, plus rond, avec des pointes de badiane, cannelle et fenouil. Nous avons apprécié les nombreux restaurants indiens qui servent une cuisine relativement accessible pour les enfants. Le délicieux roti canai, pain crêpe cuit sur une plaque huilée que l’on trempe dans un dahl (soupe de lentilles) ou une sauce tomates bien grasse se trouve partout et est vraiment très bon marché. Les bananes frites (pisang goreng) sont aussi très populaires et appréciées par nos enfants. La Malaisie produit nettement moins de fruits et de légumes frais que la Thaïlande ou le Cambodge (beaucoup de terres sont occupées par les plantations de palmiers destinés à la production de l’huile). Nombreux produits sont importés (on les trouve néanmoins dans les supermarchés, mais c’est plus cher).

Notre top 30

Et pour finir cet article voici le top 30 de nos meilleurs souvenirs culinaires, par ordre chronologique. Nous avons tenu une liste dans notre journal de bord tout au long du voyage. Il a fallu choisir. Il ne s’agit pas toujours des meilleurs repas. Le contexte, les endroits, la compagnie, mais aussi le temps de privation préalable jouent un rôle dans la sélection.

  • La cuisine bio de Coralie et Simon à Bassadingen (Suisse) avec les produits frais de la ferme
  • L’injera préparée par Waynie à Bassadingen (Suisse). Spécialité éthiopienne dans les alpes suisses après à peine trois jours de voyage. Ça promet.
  • Le délicieux buffet de Stella et Augusto à Nembro (Italie) en compagnie de Gré, Marine et les cousins
  • Les glaces de Ljubliana (Slovénie) au thé vert, au chocolat et à la betterave framboise, suivi du petit message vidéo de Zoé à Clint
  • Les beignets du monastère de Rila (Bulgarie). Il y avait une file énorme. Les gens venaient de très loin pour les goûter et le monastère est vraiment splendide.
  • Le resto branché Raw Bar à Plovdiv (Bulgarie). Aubergines grillées, foies de volaille pour nous et boulettes sauce tomates pour les gosses. Très sympa. On ne s’attendait vraiment pas à une ballade dans un quartier branché dans l’est de la Bulgarie.
  • Les petits déjeuners (menemen: omelette avec tomates) à Istanbul sur notre petite place préférée
  • Le sauce tomates et le pain pour tremper offerts par un couple de montagnards et leur fille à Hamamli (Turquie). Jamais mangé une sauce tomates aussi bonne.
  • Le poulet sauce tomates + riz chez Saïd et sa famille à Ushtebin (Iran). L’expérience de notre premier repas chez l’habitant en Iran.
  • Le petit déjeuner pris le long de la route dans le désert pas loin de Darvasa (Turkmenistan). Délicieuses carbonades. Ambiance très particulière.
  • L’excellent laghman de Tashkent (Ouzbékistan) partagé avec Judith
  • L’Orval partagée avec Judith au lac très isolé d’Aidar Kul (Ouzbékistan) où il faisait si chaud. Merci Ju de l’avoir trimbalée dans tes bagages.
  • Le plov et surtout les vodkas offerts par Valéria sur la route de Chingan (Ouzbékistan). Journée mémorable, Judith peut en témoigner. Mon estomac s’en souvient encore.
  • Les shashliks sous les platanes en route vers Margilon (Ouzbékistan). Avec Judith encore une fois! Bel endroit sous les arbres, fraicheur bienvenue.
  • Le plov et le pain fraichement cuits partagés avec Emil et Samara. Une belle rencontre dans un village très reculé du Khyrghyzstan. Nous avons passé la nuit chez eux. On regrette encore de ne pas avoir demandé si les tapis que tissait la grand-mère n’étaient pas à vendre.
  • La soupe et le laghman entre le lac Toktogul et Bishkek (Khyrghyzstan). Notre premier repas dans une yourte. Joliment décorée par ailleurs.
  • Les kuruts (boulettes de fromage séché) en guise d’apéro à Altin Arashan dans les montagnes khyrgyzes après une longue promenade. Nous avons passé la nuit dans la yourte. Les enfants ont adoré, mais étaient impressionnés par le vent violent.
  • Le meilleur plov du voyage préparé par un cuistot khyrghyz dans un restoroute en Sibérie. Juste parce que c’était le meilleur.
  • Les frites partagées avec Joël Cachet, le consul de Belgique à Ulan Bator (Mongolie) et son épouse Khaliunaa à l’hôtel Oasis.
  • Notre première soupe chinoise à Erenhot avec les Fabert à la frontière chinoise. (voir plus haut).
  • Les premiers dumplings à Pékin avec toute la clique.
  • Le hotpot de Chengdu (voir plus haut).
  • Les cafés frappés de Jenny. Toujours une excellente surprise.
  • Les Laojitos (mojitos avec du LaoLao, l’alcool de riz laotien) en compagnie des Fabert et Arne et Jenny. Parce que c’était ‘happy hour’.
  • L’ananas grillé avec poulet dans un petit resto de Monorom (Petite ville très reculée dans l’est du Cambodge). Juste parce que c’était très bon.
  • Les rillettes et les saucisses au poivre vert cuites sur barbecue avec les Fabert à Otres beach, près de Sihanoukville (Cambodge)
  • Les pizzas et les pâtes vongole de chez Papa Pippo à Otres Beach avec les Fabert, et trois jours plus tard avec Jenny et Arne. Meilleure pizza jamais mangée de toute ma vie.
  • La fondue thaïlandaise de chez Yul au Tonnam Homestay (Changmai, Thaïlande). Une première fois avec les France et une seconde fois à l’occasion du réveillon du Nouvel An avec Florence et Esther. Délicieux, chouette ambiance et plein de petites liqueurs offertes par Yul après.
  • Le poisson grillé de chez Bee Happy sur notre plage dans l’est de la Thaïlande. Chouette ambiance avec Joris et Lut.
  • Le poisson grillé de chez Dawn of Happiness dans le sud de la Thaïlande. Ambiance table d’hôtes. Bon moment passé avec Jonas et Janne.
  • Les rotis canai partagés avec les Camionautes (famille de quatre en camion) sur leur plage près de Kuantan (Malaisie). Simple mais délicieux. Très bon moment avec des nouveaux amis voyageurs.

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The South is Calling

Het afscheid van opa en oma is van een heel andere orde dan in Iran, toen we mijn vader in een klein dorpje in het midden van de woestijn achterlieten, wij verder de woestijn inreden en hij nog al liftend zijn weg moest terugvinden naar Yazd, om diezelfde avond nog naar Teheran terug te keren. De weg die voor ons lag was nog lang en onbestemd, we waren al lang genoeg onderweg om niet meer te veel aan thuis te denken, maar het grootste deel van het jaar lag nog als een onbeschreven blad voor ons.

Nadat we elkaar na tien heel fijne dagen hebben uitgewuifd (‘tot over zes weken!’) gaan we richting Bangkok. Het begint al donker te worden als we Jenny en Arne vinden, onze Duitse Chinavrienden, met wie we op zoek gaan naar een geschikte kampeerplaats. We installeren ons uiteindelijk binnen de muren van de Loha Prasat tempel. Het is een leuk weerzien, we hadden niet gedacht elkaar nog terug te zien maar nadat zij hoorden dat we Thailand binnen waren geraakt besloten zij ook een kans te maken en voilà. We bezoeken samen de overweldigend grote Chatuchak markt, genieten van de ritjes in de taxiboten waar we de schimmige achterkanten van de huisjes van dichtbij kunnen bewonderen, tussen al het vuil, de open riool, hangen kooitjes met vogels, staan emmers vol planten netjes naast elkaar op balkons, klimt tropisch groen langs de muren. Het is Chinees nieuwjaar en we verkennen samen de Chinese wijk. Het is enorm druk, aan alle restaurantjes staan files wachtenden, de straten stromen over van het volk, maar buiten een kleine drakenoptocht zien we niet veel feestelijks, zelfs geen vuurwerk. Nadat we Jenny en Arne uitgewuifd hebben trekken we richting het centrum waar we dé tempel van Bangkok, Wat Pho, gaan bezoeken. Misschien is het de hitte, de drukte, of misschien hebben we gewoon al te veel tempels gezien, velen een pak indrukwekkender dan deze, maar hij inspireert niet echt. Het koninklijk paleis lijkt nog drukker, er staan stromen zwartgeklede rouwende Thai te drummen om binnen te gaan. We hebben het paleis beiden al eens gezien, de kinderen hebben het ondertussen ook wel gezien, we gaan liever op zoek naar onze Franse vrienden Simon en Ombeline met wie we een afspraak hebben. Deze twee moedige fietsers kwamen we voor het eerst tegen in Khiva, Oezbekistan. In Bukhara kruisten onze wegen opnieuw en zo’n twee maanden later, aan het Songul meer in Kirgizië, zagen we hen van in de verte naar ons toe galopperen. Ze hadden gehoord dat er een Belgische familie in een groene camion ergens aan de oever van het meer stond en hadden een licht vermoeden dat wij het waren. In Mongolië hadden we elkaar net gemist maar nu moest het toch wel lukken elkaar nog eens te treffen, zeker omdat we hen zo graag willen feliciteren met een kleine wereldreiziger die over een paar maanden in Zuid-Amerika geboren zal worden! Het is een leuk weerzien, ook voor de kinderen, Lily was maanden geleden al helemaal gek op Ombeline die aan de oevers van het meer de ene tekening na de andere inkleurde met haar.

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Na een hete, slechte nacht beslissen we Bangkok eerder dan gepland te verlaten. We willen de stad uit, frisse lucht, ruimte, strand! We rijden op ons gemak langs de kust naar beneden. We kamperen naast het strand, wandelen en varen door de mangrove, tellen varanen, de kinderen zijn vervelend (lees ik net in het roadbook, we schrijven dat natuurlijk niet élke x op maar het moet een goeie geweest zijn :-) ), we doen school en kijken uit naar ons volgende, laatste bezoek: mijn broer Jonas en zijn vriendin Janne, feest!

In Thailand lijken alle wegen wel geasfalteerd, zelfs als het op de kaart hele kleine weggetjes lijken zijn het nog steeds mooie strakke wegen. Als we ergens een shortcut zien die ook nog eens niét geasfalteerd en bijna volledig overgroeid is, slaan we meteen af. De camion kan zich nog eens bewijzen en het bekende gevoel van ‘oef we zijn er geraakt’ overvalt ons nog eens als we een uurtje later terug het asfalt op rijden. Het was lang geleden dat Felix nog eens had moeten vragen waar ‘de goeie weg’ naartoe was!

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We blijven op kleinere wegen naar het zuiden rijden, langs ananasvelden en kale rijstvelden omzoomd door wuivende palmbomen. De regen die het zuiden de afgelopen weken heeft geteisterd (en die tot heel veel schade en bijna 100 doden heeft geleid) is gestopt, de hemel is fris blauw, de lucht is warm, alleen de bruggen moeten nog heropgebouwd worden. We eten pannenkoeken op lichtmis hoewel we dat normaal alleen maar doen als het koud is/regent, maar sommige tradities moet je hoog houden, ook in de tropen. We verlaten de golf van Thailand en steken door naar de Andaman Zee. De weg is tropisch, mistig, uren zien we alleen maar groen, groen, groen (ok ook wat grijs van het beton…).

We zien pick-ups passeren gevuld met kokosnoten met daarop een paar apen en worden voorbijgestoken door lege pick-ups met apen die zich vastklemmen aan de reling en ons aanstaren. Het zijn apen die getraind worden om de kokosnoten uit de hoge palmen te halen zodat ze geoogst kunnen worden. We kijken de volgende dagen uit naar een plantage waar we dit van dichtbij kunnen zien maar jammer genoeg zien we er geen. Halverwege de twee zeeën kamperen we in een tempel waar we ‘s ochtends getuige zijn van de dagelijke offering, de acht residerende monniken (waaronder drie minimonnikjes) zitten te bidden op een verhoog en krijgen schotels eten aangeboden waarna ze gaan eten. Het is mooi om te zien hoe een van de vrouwen bij de drie jongens ga zitten, met hen babbelt, hen helpt en wat betuttelt. Als ze klaar zijn met eten krijgen wij de restjes aangeboden, ons middagmaal staat al klaar!

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Het azuurblauwe water van de Andaman Zee lonkt, maar we beslissen een stukje inlands te blijven en nog een paar dagen door te brengen in het tropische Khao Sok nationaal park, we gaan straks nog genoeg strand doen. We vinden een rustige plek onder hoge bomen, waar de cicaden, krekels en andere tsjirpend volkje ons een prachtig concert leveren, de gibbons ons met hun zangerige kreten wekken en de kinderen kunnen rondrennen. Wat betreft dit rondrennen valt het ons op dat ze de laatste tijd meer dan ooit aan onze benen hangen. Ze hebben ruimte zat, we geven hen de mogelijkheid om op ontdekking te gaan maar vaak spelen ze in de vierkante meters rond ons, vaak zelfs óp onze vierkante meter, tot onze lichte (en soms minder lichte) frustratie. Ze hebben, zo hebben we de indruk, de laatste tijd ook meer schrik van beesten, klein en groot en zijn elkaar constant aan het waarschuwen: ‘pas op een hond’ (100m verder aan de andere kant van de straat…), ‘niet naar daar gaan daar zijn rode mieren’ (twee gespot op twee dagen…), ‘oei pas op, een kat’ (…). Het ‘incident met de apen’ vorige maand zal niet geholpen hebben, maar we zien niet meteen waar die schrik ineens vandaan komt, hebben vooral het gevoel dat ze die zelf (onnodig) voeden. Is het een behoefte aan zekerheid, geborgenheid, huiselijkheid? Die hebben we in de camion ook. Misschien vergeten we soms hoe jong ze nog zijn, en in een wereld waar alles voor hen bijna dagelijks nieuw en anders is begrijp ik die drang naar veiligheid ook wel. Meteen een van de voornaamste redenen dat we met de camion zijn vertrokken en niet met de rugzak (ik word bovendien al moe bij de gedachte), het bieden van een houvast, een vaste stek met hun eigen bed, knuffels, boeken, dagelijkse routine. Een thuis.

Maar morgen komen Jonas en Janne aan, we moeten verder richting het zuiden!

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Na twee dagen Khao Sok, drie moedige wandelaars die de tropische jungle trotseren, een idyllische zwemplek in de jungle en waterpret met Thaïse vriendjes, rijden we door het binnenland naar het Phang-Nga nationaal marine park. We installeren ons naast het hoofdkwartier van de rangers tussen de mangrove en terwijl Jérôme onze expeditie van morgenvroeg gaat regelen spelen de kinderen uren dat ze op wereldreis gaan. Ze stoppen drinkbus, knuffels, kaarten, gps, telefoon, mutsen voor in koude landen, hoofddoekjes voor in Iran in hun rugzakken en gaan op pad. Ik ben de oma en moet af en toe een ‘Whatsappje’ sturen, we skypen als er wifi is en joepie, ik kom ook op bezoek samen met ‘opa’!

Terwijl ze aan het spelen zijn klinkt plots de oproep van de muezzin in de verte. Zijn gezang brengt me helemaal terug naar Turkije en de Stans, een vlaag van nostalgie overvalt me. De afgelopen dagen hebben we inderdaad de boeddhistische tempels plaats zien ruimen voor moskees, zien we geen monniken meer in het straatbeeld en onze laatste kampeerplek in een tempel zal die tussen de golf van Thailand en de Andaman Zee geweest zijn. Trekken veranderen, meisjes en vrouw lopen volledig gesluierd, minaretten en gouden koepels tronen tussen de rijstvelden.

Om half zeven de volgende ochtend worden we aan de steiger opgewacht door een boot en varen we de baai van Phang-Nga in, terwijl we onze bokes opeten en de zon opkomt. De tocht brengt ons door de mangrove naar een prachtige baai, omgeven door hoog karstgebergte, langs kleine eilandjes met witte stranden en het fameuze ‘James Bond eiland’ waar in 1974 een stuk van een Bond film gedraaid werd.

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Terug op het land zetten we koers naar de luchthaven van Krabi, waar Jonas en Janne door drie dolgedraaide kinderen om de hals worden gevlogen. Ik heb voor Jonas en Janne een bungalow gereserveerd in de ‘Dawn of Happiness, blijkbaar een oude hippiekeet uit de jaren ’70, waar sindsdien ook niet veel veranderd/geïnvesteerd is. Maar de locatie is idyllisch. Onze gesprekken worden regelmatig overstemd door cicaden wiens getsjirp als een golf opkomt en weer gaat liggen. Zo luid hebben we ze nergens gehoord, we verstaan elkaar amper, het hoge getsjirp hangt als een dichte wolk boven onze hoofden.

De volgende dag rijden we samen naar een eettentje op een nabijgelegen strand waar wij de middag voordien al zijn geweest. Een heel eenvoudig maar overheerlijk tentje, op een groot maar rustig strand. Papaya salade, fried rice, pad thai, mango en bananashake, heerlijk! We installeren ons wat verder op het strand onder bomen naast een massagesalon waar Jonas iedereen op een Thaise massage trakteert (door een Thaise, niet door hemzelf natuurlijk/gelukkig), ook de meisjes genieten van een korte massage, daar vroegen ze al lang naar.

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Volgende bestemming is een zuidelijke baai op het eiland Ko Lanta, waar we samen een kleine week doorbrengen. Jérôme heeft van mij een vroeg verjaardagscadeau gekregen en begint een driedaagse opleiding om zijn duikdiploma te halen. Dag twee en drie gaat Jonas, die al vaker gedoken heeft, met hem mee de boot op en duiken ze samen. Janne en ik ontdekken samen met de kinderen een prachtig klein baaitje waar amper volk is, met een klein eettentje en zacht zand en zetten er twee dagen op rij kamp op. We nemen een abonnement op het zwembad van de buren, de kinderen zijn nog nooit zo proper geweest! En als ‘nonkel klimrek’ terugkomt van het duiken ontdekken ze dat hij ook de titel ‘nonkel waterpark’ waardig is! We gaan lekker uit eten, babbelen bij, genieten van het weerzien en het feit dat de kinderen even aan iemand anders kunnen hangen. Samen nemen we de ferry terug naar het vasteland en na een laatste lunch is plots het afscheid er al…

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Zoals altijd na bezoek duurt het even voordat iedereen zich terug in de routine van de camion kan vinden, we missen het gezelschap, de slaaproutine van de kinderen is weer doorbroken, de temperaturen stijgen, het ongeduld groeit. Bovendien voelen we het einde van de reis naderen en ligt onze focus meer op de terugkomst en de voorbereiding voor het verschepen dan op de komende weken die ons nog resteren. We voelen dat we er klaar voor zijn. Dat we genoeg mooie stranden gezien hebben, genoeg door de jungle gewandeld hebben, genoeg mensen ontmoet hebben, vaak genoeg hebben uitgelegd dat we hier écht heen gereden zijn… Wetende dat we over een paar maanden naar deze stranden en jungle gaan verlangen!

We rijden rustig verder richting het zuiden en een paar dagen later, op 17 februari steken we de grens met Maleisië over. Niemand die raar opkijkt van het feit dat we zonder die fameuze permit Thailand verlaten, op een paar minuten is de grensovergang geregeld en bevinden we ons in het laatste land van deze reis, op exact een maand voor onze terugkeer naar België…

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Sawadee ka!

Na maanden afwachten en speculeren of we de toelating voor de camion om Thailand te kunnen binnengaan zouden krijgen, voelt onze aankomst in Thailand, zónder die fameuze toelating maar wel volledig legaal en gestempeld door een vriendelijke man van customs (die zoals we gehoopt hadden niet over de nieuwe wet spreekt), als een enorme overwinning. Nog high van de spanning rijden we (links!) het land binnen en installeren ons niet veel verder in een longan-plantage. Nadat er een hele dag geplukt is wordt er tot laat op de avond onder lampen fruit op grootte gesorteerd en worden kisten fruit opgehaald. We krijgen van verschillende mensen takken vol en hebben al snel een voorraad waar we enige tijd zoet mee zijn. Komende vanuit Cambodia valt meteen op hoeveel welvarender Thailand is. Je merkt het aan de staat van de wegen en de bermen die niet vol afval liggen, aan de supermarktjes in elk dorp, de dikke auto’s, maar ook aan de mensen. Stevig in het vel zittende mensen, maar ook een heleboel obese mensen, en vooral dan kinderen. De andere kant van de munt…

We hebben over een vijftal dagen afspraak met Jérôme z’n zus Charlotte en haar gezin in Chiang Mai en vertrekken noordwaarts. In Ayutthaya vinden we een rustige kampeerplek en wandelen we door de prachtige ruïnes, eten op de nightmarket, struinen door de parken, er wordt school gedaan en gespeeld. De prachtige tempels liggen verspreid over de nieuwe stad, in grote parken en langs de rivier. Het zachte avondlicht op de oude stenen is mooi, de lucht is warm en vol heerlijke geuren.

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Volgende stop is Sukhothai, de bakermat van de Thaise cultuur, waar binnen de oude stadsmuren tientallen indrukwekkende tempels te bewonderen zijn, omgeven door kanaaltjes en oude bomen. We kamperen twee nachten aan de voet van een van de tempels, we huren fietsen en rijden uren door het park en langs de mooie tempels. De meisjes zijn dolgelukkig nog eens te kunnen fietsen (hoewel Zoé achterop zit) en zouden de hele dag kunnen rondfietsen, onuitputtelijk. Maar het is erg warm en de namiddag brengen we ‘thuis’ door waar haar en baard van de twee mannen wordt bijgeknipt en de meisjes verstoppertje spelen rond de tempel. En zo gaat Kerstmis volledig geruisloos aan ons voorbij, Kerst in de tropen is nu eenmaal niet hetzelfde en Kerst zonder familie al helemaal niet.

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Maar de dagen worden vol spanning geteld voordat er volop met neef Sam en nichtje Lou gespeeld zal kunnen worden, we kijken uit naar ons bezoek! In Chiang Mai aangekomen installeren we ons in het hotel en herinneren we de kinderen er aan dat je in een zwembad niét mag plassen en dat Felix niet zomaar overal zijn broek naar beneden mag trekken om te plassen…

Het weerzien is zo leuk, de eerste momenten voelen vreemd omdat bekenden plots binnentreden in ons leventje hier, maar na een uur is het alsof we elkaar vorige week nog zagen. We brengen de dagen door al bijbabbelend, de kinderen spelend, zwemmend, we bezoeken de stad en nemen ons bezoek mee in de camion naar een nabijgelegen nationaal park. De smalle steile weggetjes voelen voor ons heel gewoon, maar ons bezoek is blijkbaar minder op haar gemak! Dé gelegenheid voor Jérôme om te tonen hoe goed hij de camion kent en hoe vlot hij door de scherpe bochten kan manoeuvreren. Na twee dagen vervoegen ook Esther, het vijftienjarige metekind van Jérôme en haar moeder Florence zich bij ons, een gezellige bende allemaal samen.

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We krijgen van Jérôme z’n familie een dagje bij de olifanten cadeau, iets waar de kinderen al enkele weken naar uitkijken. Wetende dat op olifanten rijden eigenlijk helemaal niet zo goed is voor die beesten en het gelukkig ook steeds minder gedaan wordt, hadden we de kinderen daar op voorbereid en de kinderen waren helemaal mee. Tot bleek dat we wél op de olifanten zouden rijden. Het was een leuke dag, het was indrukwekkend om de olifanten van dichtbij te zien, hun huid te voelen, de kinderen moedig genoeg te zien om op hun rug te gaan zitten, maar zelf op de rug van de olifant bleef ikzelf toch achter met een gewetensprobleem. Het gebrek aan een educatief stuk over de olifant verminderde dat gevoel niet. Maar de kinderen vonden het een heel erg fijne dag, ondanks hun initiële schrik van het benaderen en aanraken van, en de spanning van het zitten op de olifant en de absolute terreur toen ze in de rivier (‘eikes een kaka rivier’ want ál de olifanten moeten ineens dringend gaan precies) werden nat gespoten door menig olifantenslurf.

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Na vier gezellige dagen moeten we al afscheid nemen van Charlotte, Gilles, Sam en Lou, die nog een paar dagen naar het strand gaan… Dus is het met Florence en Esther dat we 2017 indansen. Nu ja, na een heel gezellige avond is iedereen om 23uur moegegeten en gedanst en kruipen we nog in 2016 ons bed in…

Met z’n allen in de camion rijden we nog naar Chiang Dao, ten noorden van Chiang Mai, en bezoeken we daar temidden van tropisch groen de heilige grotten, vol Boeddhabeelden. Maar dan nemen we ook van Florence en Esther afscheid en verhuizen we terug naar de camion.

Na een week op hotel is het fijn om terug in de camion te leven, ‘on the road’ te zijn, in ons eigen bed te slapen. Maar ook wel weer even wennen, de kinderen hebben een week nodig voordat ze weer in de slaap-routine zitten en maken elke avond ambras… We rijden in een boog rond Chiang Mai heen, de weg naar Pai is prachtig, het gebladerte wordt steeds tropischer, de lucht ruikt naar jungle. Pai zelf moet ooit gezellig en avontuurlijk geweest zijn maar het is er heel toeristisch (de nightmarket heeft iets van de Nieuwstraat tijdens de solden) en het is absoluut niet onze ambiance. De volgende dagen volgen we door mistige bergen de grens met Myanmar, passeren een dorp met de toch wel bizarre naam ‘Microwave’, we kamperen bij tempels en naast schooltjes, lunchen in kleine dorpjes, genieten van het landschap. En van nog eens een trui aan te doen, het is hier aanzienlijk frisser.

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We verwachten in Thailand nog bezoek en willen de toelating van de camion, nu 30 dagen, verlengen met een maand. We rijden de boog rond en rijden terug Chiang Mai in. Bij de customs beginnen ze meteen over de nieuwe wet voor buitenlandse voertuigen te spreken en we vertrekken er maar snel. Zonder deze verlenging kunnen we opa en oma niet zien die binnenkort komen en ook nonkel Jonas en tante Janne niet die ons in het zuiden van Thailand komen opzoeken… We bekijken onze opties en beslissen terug te rijden naar de grenspost waar we zijn binnengekomen. 1000km ver. Streep door onze plannen om het oosten van Thailand te bezoeken. We vertrekken maar beslissen onderweg toch nog een omweg te maken naar Mae Sot, aan de grens met Myanmar, en daar ons geluk te beproeven. Op een helling zien we een bord staan ‘Start Magic Hill’ met 150m verder nog een bord ‘End Magic Hill’. Wat opzoekwerk vertelt ons dat auto’s op de helling, met motor uit, alleen naar boven zouden rijden en dat ballen omhoog rollen. Er circuleren verschillende theorieën hierover, een magnetisch veld, inmenging van de goden… Volgens wetenschappers gaat het echter over een optische illusie, maar wel een knappe. De weg lijkt naar boven te gaan, dat hebben we zelf gezien, maar uit onderzoek en testen blijkt dat de weg wel degelijk naar beneden gaat. Niets Magic dus…

De kinderen, zich bewust van het belang van de verlenging, worden aan de grens glimlachend voor het loket gezet en tot ons groot geluk wordt er niets over de nieuwe wet gezegd, wordt de toelating met een maand verlengd en zijn we officieel een van de laatste overlanders die alleen door Thailand kunnen rijden met hun camper, dit zelfs voor 60 dagen. Wetende dat degenen die na ons komen verplicht met een gids moeten reizen en dit aan het hallucinante bedrag van z’n 350$ per dag, voelen we ons de grootste gelukzakken. Wat we meteen gaan vieren met een goeie hamburger met frieten in een leuk restaurantje, we zijn nu toch aan het besparen!

Na een nacht bij een mooie waterval en een beklimming naar de stoepa, waar we Boeddha extra hard bedanken voor de verlenging, kunnen we dan toch richting het oosten gaan.

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De Isan provincie is het noordoostelijke gebied van Thailand. De armste provincie van het land en ook de minst bezochte, althans door westerse toeristen (die we er amper zagen), Thaise toeristen bezoeken de regio, het grensgebied met Laos en Cambodia, talrijker. In Chiang Khan zien we de Mekong terug, die nog steeds even koel en kalm voorbij stroomt. We vinden een rustige plek naast de tempel en blijven een paar dagen hangen, wandelen, school doen, genieten. We volgen de stroming en zien van aan de overkant Vientiane liggen, waar we midden november waren. Vanuit Nong Khai gaan we zuidwaarts en installeren we ons naast de tempel van het dorp Ban Chiang, waar we de archeologische opgravingen bezoeken en waar Felix een fascinatie ontwikkelt voor skeletten. Zijn eigen skelet, ons skelet, hoe diep we moeten snijden om dat skelet te zien, wat hij moet eten om een sterk skelet te krijgen…

De volgende dag is het ‘kids day’ in Thailand. Ook in het dorp wordt er gevierd, hoewel in mineur wordt ons verteld, want in de rouwperiode volgende op het overlijden van de koning mag er niet te groots gevierd worden. Koning Bhumibol, gedurende 66 jaar de Koning van Thailand, door iedereen gerespecteerd, geprezen, verafgood, is in oktober overleden en het land respecteert een jaarlange rouwperiode. Overal zijn altaars voor hem opgebouwd, hangen zwarte linten en zijn portret, veel mensen dragen zwarte kledij of een zwart lintje. De Thai hielden van hun koning, met hart en ziel. Wij vragen ons alleszins af hoe ze dit hier dan ‘in majeur’ vieren… Onze kinderen halen hun hart op in het springkasteel en op de trampoline, aan de gratis ijsjes, drank, eten, het beschilderen van vaasjes en stenen vormpjes en voelen dat het feest evenveel voor hen is dan voor de Thaise kinderen.

Een stukje verder naar het zuiden ligt het Rode Lotus meer en we hebben geluk, het is net het bloeiseizoen. Voor dag en dauw staan we op en terwijl de zon opkomt eten we onze bokes in een bootje dat ons tot het midden van het meer brengt. De bloemen staan in volle bloei en kleuren het meer roze, overal waar we kijken. Wat een mooi en rustgevend moment, ook al zijn we niet de enigen die deze bloemenpracht komen bewonderen.

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Ondertussen worden de dagen geteld tot opa en oma aankomen, met wie we tien dagen gaan rondreizen. Het dino museum (want de Isan provincie staat bekend om de dino-vondsten) heeft haar sluitingsdag maar het dino waterpark zorgt voor een dag verkoeling en ongelofelijk spannende rides zoals de kamikaze freefall en centrifuge-glijbanen, waarvan we de helft niet eens aandurven. En zo worden al de haren ook nog eens gewassen.

Als we het Khao Yai nationaal park inrijden zitten de makaken naar ons te staren en liggen de grote olifantendrollen op de weg. We kamperen een nachtje op een camping naast een rivier, tussen grote herten, apen en varanen. Na een tijdje auto’s tellen zien we plots twee bekende gezichten, opa en oma zijn aangekomen! De kinderen staan te springen, vliegen hen rond de nek, hier kijken ze al lang naar uit!

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We installeren ons in een huisje midden in het park, heel erg basic maar met een prachtig zicht vanop een groot overdekt terras. Het park is ongelofelijk mooi. De natuur is tropisch wild, er hangt een geur van dieren. De kinderen doen ook meteen hun grootste reistrauma op; als we bij het hoofdkwartier iets zitten te eten klimmen en rennen er overal apen rond ons heen. De grootste van de groep spring op een tafel naast ons en voordat we iets kunnen doen springt hij op de tafel, gritst de maïskolven weg en klimt krijsend een boom in. Lily, die het beest recht in zijn gezicht keek, staat te krijsen en te trillen, Zoé springt op mij en klemt zich huilend aan me vast, allebei willen ze meteen naar de camion, onze veilige thuisbasis. Felix is verschoten maar vindt het vooral interessant hoe een ranger de apen met een katapult probeert weg te jagen. We wandelen door de jungle (en worden door een ranger van het pad gestuurd want iets verderop liggen krokodillen op de loer), genieten van ons uitzicht, zien er herten en stekelvarkens passeren en gaan tijdens een avond-safari op zoek naar olifanten. Die we jammer genoeg niet zien maar het is toch een fijn ritje, zo door het donkere park.

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Nadat we de volgende dagen enkele mooie Khmer ruïnes en tempels in de regio hebben bezocht beslissen we unaniem dat het tijd is voor strand. We zijn tenslotte al bijna vijf weken in Thailand en hebben nog geen zee gezien!

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Via een stop aan een nationaal park, waar opa en oma in een Pretpark-achtig hotel slapen à la kitscherige Italiaanse stijl maar ook met een heus cowboydorp (inclusief saloon, huifkarren en country muziek) installeren we ons aan het strand. De kinderen slapen om de beurt bij opa en oma in de (enige bezette) bungalow, de camion staat vlak aan het strand, de zee is helder en warm, het zwembad is voor ons alleen. We genieten hier nog een paar dagen van de mooie omgeving, de rust en elkaar voordat wij richting Bangkok en vervolgens het zuiden gaan en opa en oma nog wat vitamine D gaan opnemen op een eiland voordat ze weer naar de Belgische winter vliegen.

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We voelen dat het eind van de reis in zicht komt. Niet alleen omdat we het verschepen van de camion aan het regelen zijn en de vliegtuigtickets geboekt zijn, maar de ‘eindeloosheid’ van de reis is voorbij. Het meer avontuurlijke ook. We zijn nu op vakantie. Wat leuk is, maar anders en ik kijk nu al met nostalgie terug naar plekken waar we geweest zijn, wanneer we nog maanden voor ons hadden en alles open lag, we nog midden in de reis zaten, ver genoeg van het vertrek en ver genoeg van thuiskomst zodat het enige waar we mee bezig waren de reis zelf was. Weg van alles, niet wetende wat het jaar ons nog zou brengen, uitkijkend naar al het onbekende.

De vastgelegde vlucht brengt een concreet einde aan een jaar dat soms moeilijk, maar vooral heel erg mooi is geweest, op heel veel vlakken.

Maar laat ons nog maar eerst wat genieten van nog een paar weken Thailand, nóg een fijn bezoek waar we heel erg naar uitkijken en tot slot een maand Maleisië als afsluiter.

Om op 18 maart terug in België aan te komen, waar tegen dan hopelijk de lente snel begint :-)

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Khmer Stories

Autant le dire tout de suite, nous ne sommes pas allés à Angkor. Trois petites semaines aux pays des Khmers, c’était un peu court. Il a fallu faire des choix. Et nous y avions déjà été il y a 9 ans chacun de notre côté. Nous en gardons d’ailleurs un excellent souvenir. Les enfants n’auront qu’à remplir les rayons du Delhaize de Jette pendant leurs étés pour se payer le billet d’avion à leur majorité… Par contre, nous sommes retournés à Banlung, capitale de la province du Ratanakiri au nord-est du pays. Il y neuf ans il fallait faire 4 à 5h de piste inconfortable en terre rouge bien poussiéreuse pour arriver à Banlung. Maintenant c’est une bonne route asphaltée qui nous y conduit. Dommage pour l’aventure, mais le camion ne s’en plaint pas. La ville en elle-même n’a rien de bien extraordinaire, mais constitue une bonne base pour quelques chouettes excursions dans la jungle. Nous décidons de nous poser quelques jours au Tree Top Ecolodge dans un bungalow en bois, perché dans les arbres. Nous y faisons la connaissance de Paul et Jessica et de leurs enfants Freya (6 ans) et Cormac (4 ans), une famille irlandaise vivant en Nouvelle Zélande qui sillonne l’Asie du sud-est en sac à dos pendant 6 mois. Nous sympathisons très vite autour d’un cocktail sur la magnifique terrasse flottante de notre guesthouse. Les enfants jouent à cache-cache sur les passerelles qui relient les bungalows suspendus entre eux. Nous sommes étonnés de voir que nos filles après 8 mois de voyage arrivent maintenant à s’exprimer plus que correctement en Anglais.

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Avec nos nouveaux amis nous retrouvons le superbe lac Yeak Lom pour le plus grand bonheur des enfants. Un impressionnant cratère volcanique vieux de 4.000 ans, parfaitement circulaire, entouré d’une végétation luxuriante. L’eau est limpide mais très sombre en raison de la grande profondeur du lac. Nous passons l’après-midi à sauter du ponton. Les filles perfectionnent la brasse en vue de notre prochain séjour à la plage. Le lendemain nous emmenons tout le monde dans le camion et nous nous aventurons sur les pistes poussiéreuses pour nous rendre à la rivière située à une quarantaine de kilomètres de Banlung. Une fois arrivés, nous embarquons dans une pirogue à moteur pour aller visiter un vieux cimetière, mais c’est surtout le voyage en bateau qui vaut le détour. Le retour se fait sous un fabuleux coucher de soleil; les derniers kilomètres dans le noir le plus complet. Petite angoisse pour les parents quand même qui se demandent en silence comment faire pour repêcher un des gosses s’il venait à tomber à l’eau…

Nous donnons rendez-vous à nos amis irlandais dans 10 jours à la plage et prenons la route qui traverse la province du Mondulkiri. Paysage de jungle entrecoupé de plantations de bananes, noix de cachou et caoutchouc. L’odeur de fumier du caoutchouc est prenante, surtout quand les paquets sont rassemblés le long de la route en attendant d’être transportés, essentiellement vers Chengdu en Chine nous dit-on. Au Laos, cette odeur a empesté le camion pendant plusieurs jours avant que nous nous rendions compte que c’étaient nos roues qui en étaient irrémédiablement imprégnées. Les jolies habitations en bois sur pilotis sont typiques, seuls les nouveaux toits en tôle bleu ou orange vif dénotent un peu (on retrouvera plus tard les jolies toitures en tuiles dans la région de Phnom Penh et dans le sud). Atelier, cuisine, et pièce de vie à même le sol, dortoir (simple matelas avec moustiquaire) à l’étage. Nous passons deux nuits ‘chez l’habitant’ dans des petits villages et dormons dans le camion garé devant la maison. L’accueil est chaleureux. Les enfants du village partagent leurs jouets. Nous organisons un atelier dessin. Nous apprenons à grimper aux palmiers, prenons la douche à la Cambodgienne et nous voyons offrir papayes, citrouilles et bananes en profusion en échange de quelques boites de marqueurs et de vêtements devenus trop petits pour Felix.

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Nous continuons ensuite notre route jusqu’à Kampong Cham aux confins du Mékong et du Tonlé Sap. La rivière Tonlé Sap relie le lac éponyme, qui s’étend sur une bonne partie de l’ouest du pays, à la vallée du fleuve Mékong. A la saison des pluies le niveau du Mékong est tellement élevé que les courants s’inversent pour aller gonfler le Tonlé Sap dont la superficie augmente de 3.000 km2 à 13.000 km2! Nous sommes maintenant au début de la saison sèche. L’eau a retrouvé sa route vers la mer. A Kampong Cham ils finissent comme chaque année à la même période la construction du pont en bambou de 600m qui relie la ville à une belle et assez grande île posée au milieu de la rivière. A la saison des pluies ce pont sera à nouveau emporté par les flots. Nous sirotons un jus d’une noix de coco fraichement coupée à la machette en contemplant les travaux. Nous faisons la connaissance d’un boulanger retraité français venu installer bénévolement un atelier boulangerie dans un orphelinat. Il nous explique qu’il n’est pas facile de trouver de la bonne farine en Asie du sud-est et qu’il va falloir importer la matière première depuis la France. En effet, depuis quelques mois nous avons nous aussi du mal à trouver du bon pain. Nous nous contentons donc de pain de mie industriel pour nos petits déjeuners. De temps en temps nous trouvons quand même une petite boulangerie qui vend de la baguette pas trop mauvaise, même délicieuse à Luang Prabang au Laos ou à Kampot au sud du Cambodge. Nous sympathisons également avec Roberto, un suisse connaissant bien le Cambodge avec qui nous évoquons le passé turbulent du pays. Nous essayons de comprendre comment de telles folies meurtrières peuvent survenir (que ce soient les bombardements américains ou les massacres des Khmers rouges). Et dire que l’occident a longtemps cautionné ces atrocités…

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Nous nous arrêtons à Phnom Penh pour un simple ravitaillement uniquement et continuons notre route vers Kampot dans le sud. La route n’est pas très jolie à l’exception du dernier tronçon. Les fossés sont remplis de déchets en tout genre. La propreté des espaces publics (et même privés d’ailleurs) constitue un réel problème au Cambodge. Le ramassage de poubelles est bien mal organisé et les gens jettent leurs déchets n’importe où. Quel dommage. Certains disent qu’il est fort compréhensible que les habitants aient d’autres priorités que la propreté publique dans ce pays si pauvre finalement. Peut-être mais la Thaïlande et surtout le Laos (ce dernier pas beaucoup plus riche à notre connaissance) sont des pays nettement plus propres que le Cambodge.

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A Kampot nous installons le camion à l’extrémité d’une paisible promenade le long de la rivière. La région est assez visitée et de nombreux touristes remarquant le camion nous interrogent sur notre périple. Nous faisons quelques chouettes rencontres, Felix joue avec les policiers curieux et nous initions les filles aux théories de l’origine de l’univers et de la vie sur terre. Parallèlement à l’apprentissage de l’écriture et des maths pour Lily, nous essayons de monter des petits projets didactiques en fonction des endroits que nous traversons. Par exemple au sujet des différents types d’alphabets quand nous sommes passés au cyrillique dans les Balkans et en Asie centrale, au sujet des religions en visitant les mosquées iraniennes et les temples bouddhistes de Mongolie, au sujet des différents types d’habitations après nos séjours dans les yourtes au Kyrghystan, au sujet des saisons pendant notre été indien en Sibérie et notre court hiver mongole, etc… Mais pourquoi donc l’origine de l’univers à Kampot? Allez le savoir. Je pense que ce sont les filles qui nous posaient pas mal de question sur le sujet pendant nos trajets. A Kampot nous sympathisons aussi avec Charee et sa fille Netty. Charee est mariée à un médecin néerlandais. Ils ont tous les deux longtemps travaillé pour MSF en Asie du sud-est. Ils vivent à Kampot dans une villa cossue mais s’apprêtent à retourner vivre aux Pays-Bas pour la scolarité de leurs enfants. La veille, un cerf-volant s’est échoué sur la terrasse de la maison. Selon les croyances locales il s’agit là d’un bien mauvais présage. Charee se laisse convaincre par le personnel domestique d’organiser une cérémonie de purification de la maison et de ces habitants et nous y sommes invités. Deux moines bouddhistes ont été dépêchés ainsi qu’un intermédiaire civil qui dirigera la cérémonie. Le mari est lui en voyage dans le nord du pays pour quelques jours. Un autel a été installé: encens, fleurs, fruits, offrandes, ainsi qu’un paquet cadeau et une enveloppe pour les moines et pour notre maître de cérémonie. Prières, chants, incantations. Nous sommes aspergés régulièrement d’eau bénite et de fleurs de jasmin. Les filles sont impressionnées et plongées dans leurs prières, mains jointes. Nous avons du mal à tenir Felix tout à fait calme mais personne n’a l’air de s’en offusquer. Le tout dure une petite heure. La maitresse de maison parait ensuite soulagée. Elle se demande cependant comment elle va expliquer cela à son mari à son retour, lui qui est très cartésien et pas superstitieux pour un sou. Pour nous ce fut une bien chouette occasion d’assister à une telle cérémonie bien plus intime que les prières aux temples. Nous passons encore quelques heures chez elle à bavarder sur la terrasse, les enfants jouent sagement. Un bien bel après-midi.

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Kampot est également célèbre pour son délicieux poivre. Nous allons visiter une plantation ouverte il y a trois ans à peine par un couple franco-bruxellois. Entreprise agritouristique ambitieuse au marketing bien développé, la visite est néanmoins très intéressante. Et le poivre excellent. Nous apprenons que, contrairement au vin, le poivre, qu’il soit vert, rouge, noir ou blanc, provient d’une seule et même variété de la même plante. C’est le degré de maturation à la cueillette et le traitement des grains ensuite qui détermine sa couleur. Le terroir et le savoir-faire sont déterminants pour la qualité du poivre, nous dit-on. Mais nous n’avons pas pu apprendre ce qui faisait de Kampot un excellent terroir permettant d’obtenir un si bon poivre, bénéficiant d’ailleurs d’une AOC. A Kep un peu plus loin sur la côte nous avons manqué avec regret de goûter le fameux crabe, une autre grande spécialité de la région. Mais nous trouvons une excellente boucherie-charcuterie récemment ouverte par un couple d’éleveurs-charcutiers français fraichement expatriés. Nous nous procurons un gros paquet de rillettes et quelques excellentes saucisses au poivre de Kampot et une bonne bouteille de rosé des côtes du Rhone pour fêter le soir même nos retrouvailles avec les Fabert à Sihanoukville autour d’un chaleureux barbecue. Ah petits plaisirs…

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Sur la route entre Kep et Shanoukville, nous sommes intrigués par quelques hauts bâtiments carrés en béton, entièrement fermés, sans fenêtres, mais pourvus de dizaines de petites ouvertures dans les parties supérieures des murs. Quelle peut bien en être l’usage? Nos recherches nous apprennent qu’il s’agit de nichoirs pour Aerodranus fusiphagus. Cette hirondelle construit son nid avec sa salive uniquement. Leur salive contient une substance calcique qui durcit au contact de l’air tel un ciment. Ce sont les fameux nids d’hirondelles dont raffolent les Chinois. A 2.500 dollars le kilo (jusqu’à 100 dollars le bol de soupe), cette délicatesse constitue un des aliments le plus cher au monde.

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A Sihanoukville nous nous posons le long de la plage et passons deux bonnes journées à ne rien trop faire d’autre que nous baigner et papoter avec les copains. Nous recevons la visite de quelques autres ‘overlanders’ que nous avions déjà croisés au Laos. Le permis pour importer temporairement les camions en Thaïlande est le sujet de discussion numéro 1. Il est en effet beaucoup plus difficile d’obtenir ce permis depuis quelques mois. En attendant une nouvelle loi, les autorités thaïlandaises ont même tout simplement interdit l’entrée des camping-cars dans le pays. Nous avons tous introduit une dérogation spéciale en argumentant être partis avant le changement du règlement. Mais les autorités tardent à nous répondre. Nous passons quelques très agréables journées sur une île tranquille pas très loin de Sihanoukville avec les amis irlandais que nous avions rencontrés à Banlung. Longue bande de sable fin entre une mer turquoise à plus de 25 degrés et une jungle dense. Les bungalows en bois sont rudimentaires mais parfaitement intégrés dans l’environnement. Une vraie carte postale… Les enfants s’amusent comme des petits fous et s’essayent à la plongée avec masque et tuba. Nous nous reposons, lisons et profitons du magnifique cadre et de la présence de nos très sympathiques amis. Tine apprend à s’épiler les jambes avec un fil torsadé. Ce sont un peu les vacances du voyage…

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Toujours sans nouvelle de notre demande de permis nous décidons de nous rapprocher de la frontière thaïlandaise. Nous avons en effet rendez-vous avec ma sœur et sa famille ainsi qu’avec ma filleule et sa maman à Chiang Mai pour les fêtes. Nous avons bien profité de la mer et avons réussi à trouver d’agréables emplacements pour nos bivouacs. Heureusement car l’ambiance dans Sihanoukville et dans les guesthouses à proximité des plages ne paraissait pas très sympathique. Jeunes backpackers néo-hippies, chasseurs de fêtes, retraités se faisant masser les pieds pendant des heures sous un parasol en sirotant une cannette de bière, propriétaires européens de petits établissements pas toujours très agréables,… Et puis c’est ici qu’on nous a chipé quelque chose pour la première fois du voyage: un petit barbecue pliable qu’on avait laissé la nuit en dehors du camion pour refroidir. Pas vraiment une énorme perte, mais pas étonnant que ce soit ici que cela nous arrive. C’est l’heure des séances d’adieux avec les Fabert et Jenny et Arne nos amis allemands. Adieux sans doute définitif cette fois (séquence émotion…) mais nous nous donnons rendez-vous une fois tous rentrés aux pays et suivrons avec intérêts les pérégrinations de chacun. Nous avions rencontré très peu de voyageurs pendant nos quatre premiers mois. Nous n’en souffrions pas vraiment, mais nous demandions si nous étions vraiment les seuls sur la route. Il s’est avéré que non et nous avons eu énormément de plaisir de passer quelques mémorables moments avec de bien chouettes compagnons ayant eu comme nous un jour la bonne idée de concrétiser leur rêve de parcourir un petit bout de notre planète. Merci à eux et à tous ceux que nous nous apprêtons à rencontrer encore, pour ces bons moments.

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En chemin nous nous arrêtons à Kampong Luong et visitons avec un petit bateau à moteur un village flottant sur le Tonlé Sap. Les habitations, magasins, bureaux et autres services sont tous installés sur des barges qui sont amenées à se déplacer en fonction des saisons et des dimensions du lac.

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Nous passons ensuite quelques jours à Battambang où nous installons le camion au centre-ville le long de la rivière. Ambiance animée le soir, emplacement un peu bruyant, mais la ville n’est pas désagréable. Nous faisons la rencontre des Pfyffer, une famille suisse de trois enfants à peine plus âgés que les nôtres. Ils parcourent l’Asie du sud-est en sac à dos. Nous passons une bien agréable journée avec eux. Toujours pas de nouvelles de notre demande de permis. On nous répond que nous aurons une réponse le jour avant de passer la frontière. Nous faisons encore quelques excursions autour de Battambang (petit train en bambou et baignade dans un jolie lac) et assistons à une très belle représentation du fameux Phare Ponleu Selpak Circus au sein duquel évoluent des jeunes issus des familles désavantagées que l’organisation forme par le biais des arts du spectacle.

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Quand les autorités nous indiquent que la décision concernant notre permis ne sera prise que dans une semaine et qu’il est fort probable que nous recevrons au mieux cinq jours pour un transit vers la Malaisie, nous décidons de tenter le tout pour le tout et nous nous rendons vers un minuscule poste frontière en espérant qu’ils ne soient pas au courant de tous ces nouveaux règlements. Il faut la jouer finement et demander de passer la frontière cambodgienne sans tamponner les passeports pour aller régler d’abord le permis camion au poste thaïlandais. En effet, si le permis nous est refusé, nous devons revenir au Cambodge, trouver un abri pour le camion et nous rendre à Chiang Mai par les transports en commun. Et nous voulons bien sûr éviter de refaire tous les papiers (visas et importation camion) pour rentrer à nouveau au Cambodge deux heures plus tard. Heureusement les douaniers cambodgiens n’y voient aucun inconvénient. Nous arrivons au poste thaïlandais l’estomac noué, sortons les enfants après leur avoir promis un bon apéro s’ils réussissaient à amadouer les douaniers avec leurs grands sourires …Et, à notre grande surprise, la douane thaïlandaise nous délivre sans aucun problème un permis pour 30 jours que nous devrions pouvoir prolonger plus tard en Thaïlande. En deux heures nous réglons toutes les formalités. Nous sommes excités comme des puces et tenons informés en live par sms nos amis français et allemands qui sont encore à Sihanoukville.

Ca y est! Nous sommes en Thaïlande avec le camion contre toute attente et filons rejoindre la famille pour les fêtes. Petit stop dans le premier bled pour acheter les chips et boissons promises aux enfants et premier bivouac thaïlandais au milieu des plantations de longan, un fruit ressemblant un peu aux litchis, qui agrémentera nos salades de fruits matinales pendant plusieurs jours.

A bientôt pour d’autres aventures et excellente année 2017 à tous puisque le réveillon est déjà derrière nous au moment de finaliser cet article.

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Zénitude & Laojito’s

Ik schrijf dit stukje van op een eilandje voor de Cambodiaanse kust, op een (zo goed als) verlaten strand, met enkel het ruisen van de zee en het hoge gefluit van de cicaden op de achtergrond. De perfecte relaxe setting om over het oh zo relaxe Laos te schrijven… Laos is voor ons alle vijf een heerlijke vakantie geweest. Prachtige natuur, heerlijk eten, vriendelijke mensen en lachend gezichten, tropische temperaturen en goei gezelschap.

Het goei gezelschap in de vorm van onze ‘Chinese’ vrienden, van wie we nog geen afscheid willen nemen. De zesduizend kilometer doorheen China, de vele bezoeken en vooral die verschrikkelijke wekker ‘s ochtends hebben ons allemaal uitgeput maar we zijn elkaar nog lang niet beu! Het is een toffe bende met wie we de afgelopen maand hebben samen gereisd, en 4/5e van de groep beslist het afscheid nog even uit te stellen. In Luang Namtha, een levendig dorp omgeven door rijstvelden, laten we ons verleiden door enkele bungalows in een tropische tuin, de behoefte aan een warme douche, de noodzaak om de camion uit te mesten en alle lakens te wassen. De dagen worden gevuld met marktjes doen, van de wifi profiteren, lenteschoonmaak houden, muggennetten installeren, voor de regen schuilen, heerlijke noodle soup eten en Laojito’s ontdekken (denk Mojito met lokale alcohol). De marktjes zijn een plezier voor het oog, een uitdaging voor de neus. Maar de komende maanden zijn het ananassen, mango’s en papaya’s à volonté!

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Wat in Laos het meeste opvalt na aankomst uit China, is de hoeveelheid kinderen die er rondlopen. Waar in China de meeste mensen nog steeds maar één kind (mogen) hebben en we dus relatief weinig kinderen hebben gezien, lijkt het in Laos dat er overal waar je kijkt wel kinderen rondlopen. Om het even met cijfers te zeggen: Laos heeft op een bevolking van bijna 7 miljoen inwoners een kleine 40% jongeren onder de 15 jaar, China 17% (op een bevolking van 1,3 miljard), België 16%. Als de school uitgaat lopen de straten vol, de kleinste paggaders hand in hand langs de weg, de groteren rennend en zwaaiend, de nog groteren op fietsen en de oudste scholieren op brommertjes. Met honderden overstromen ze de straten, elke dag opnieuw.

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Nadat we van onze Australisch/Amerikaanse vrienden afscheid genomen hebben reizen we met 3/5e verder naar het dorp Nong Kiaow, aan de rivier de Nam Ou. De boottocht die we er willen doen naar een dorpje valt in het water (het regenseizoen is duidelijk nog niet helemaal gedaan) maar we genieten van het niets moeten en dus ook niets doen. We pikken de school terug op nadat we dat in het hectische ritme van China hebben opgegeven, genieten van het tropische klimaat, het heerlijke eten en zoeken op de markt de ingrediënten voor onze eigen Laojito’s.

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Met 2/5e zijn we nog als we na een paar dagen richting Luang Prabang rijden. De Faberts, de Franse familie met twee kinderen, zijn goeie vrienden geworden, voor kinderen én ouders. De weg naar Luang Prabang is mooi maar bochtig en we hebben voor het eerst een kind met wagenziekte.

In de stad parkeren we ons naar de rivier, op het peninsula van de oude stad, op een boogscheut van de vele tempels, restaurantjes en marktjes. Op de stoep voor onze deur houden we tattooshop, school, bar en infostand. Na China, waar we weinig toeristen zijn tegen gekomen is Luang Prabang enorm toeristisch en veel mensen passeren en zijn verbaasd twee campers met Europese nummerplaat te zien. Lily en Zoé kunnen ondertussen al erg goed in het Engels uitleggen dat ze inderdaad vanuit België helemaal hierheen gereden zijn waarna Lily de landen opnoemt waar we geweest zijn, met een air van ‘dit is toch de normaalste zaak van de wereld’.

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We betrappen ons er op dat we onze reis vaak minder avontuurlijk en uitzonderlijk vinden dan mensen met wie we er over spreken, ons leven hier heeft ook een (soort van) dagelijks ritme, we ondervinden dezelfde ‘kinderproblemen’ als thuis, er moeten boodschappen gedaan worden en de afwas moet gebeuren. Die gesprekken doen ons even stilstaan bij het feit dat we chance hebben, veel chance, om dit samen te kunnen doen en herinneren ons eraan niet te snel te gaan maar vast te houden aan hoe gelukkig we ons mogen prijzen dit prachtige deel van de wereld samen te kunnen ontdekken.

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Luang Prabang is een prachtig stadje waar mooie Frans koloniale huizen en Boeddhistische tempels naast elkaar staan, geflankeerd door oude frangipani bomen en waar honderden monniken in oranje gewaad rondlopen. We struinen er een paar dagen rond, bezoeken de tempels en nemen met de twee gezinnen een tuktuk naar een waterval. De frisse duik doet deugd, het is geleden van in Kazachstan dat we gezwommen hebben!

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De weg zuidelijk naar Vang Vieng heeft op een paar stukken een slechte reputatie qua veiligheid, maar toch zijn we verbaasd mensen met machinegeweren op hun rug op brommertjes te zien rijden. De weg doorheen de jungle is bochtig en stijl, de laatste tien kilometer gaan in 12% naar beneden, de remmen roken nog een half uur na als we beneden aankomen.

Vang Vieng heeft, hoewel al veel minder dan vroeger, een reputatie van feesten/drugs/drank. Onze Franse vrienden rijden door naar Vientiane en wij vinden een rustig plekje op een keienstrandje naast de rivier de Nam Song. We blijven een paar dagen genieten van deze idyllische plek, de rivier, het tropische groen en het karstgebergte dat vlak achter de rivier omhoog schiet. Met z’n vijven wassen we de camion, na twee uur grondig schrobben is het stof van Mongolië en China er af gewassen en is de tekening op de zijkant terug zichtbaar. ‘s Avonds komen gezinnen zich wassen in de rivier, lachend en weinig preuts staan ze zich schoon te poetsen in het heldere water. Zoé, nooit verlegen om mensen aan te spreken, mengt zich nieuwsgierig in het gebeuren, wordt lachend nat gespetterd en spettert vrolijk nat. De laatste avond komen Jenny en Arne, onze Duitse China-vrienden ons vervoegen op het strand, onder een volle maan maken we een grote curry en bespreken we onze kansen op het krijgen van toestemming om in december Thailand binnen te rijden. Nadat we in Mongolië problemen hadden om China op tijd binnen te geraken is onze volgende (en hopelijk laatste!) horde Thailand. Want sinds afgelopen juni moeten alle buitenlandse voertuigen een speciale permit hebben om het land binnen te rijden en terwijl we in China waren hebben we gehoord dat Thailand kampeerwagens voorlopig volledig bant, totdat ze een systeem hebben uitgewerkt met gids/vaste route, zoals in China. Een ongelofelijk idioot idee en er zijn de laatste maanden al heel veel woorden aan verspild want alle overlanders die we tegenkomen zitten in hetzelfde schuitje en het is topic nr 1 om over te speculeren. We hebben bij een van de twee agentschappen die dit doen een speciale toelating aangevraagd om de camion in Thailand binnen te krijgen. De communicatie is enorm vaag en als we Laos uitrijden eind november hebben we nog geen enkel idee of we tegen Kerstmis naar Thailand kunnen. Ik schrijf dit stukje een paar dagen voordat we Thailand binnen zouden gaan, en we weten het nog steeds niet…

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In Vientiane, de hoofdstad van Laos, kamperen we binnen de muren van een groot klooster, een oase van groen en rust in de stad. Terwijl de kinderen onder de bomen aan het spelen zijn passeert er een begrafenisstoet, een lange rij monniken en vrouwen in het wit, gevolgd door een kist, versierd met bloemen en geldbriefjes. Als Felix nieuwsgierig staat toe te kijken naar de rij monniken, is het niet duidelijk wie er nu het meest verbaasd is. Bij de grootste tempel staan stoelen opgezet voor een grote houten stelling waar de kist op wordt geplaatst. Als we uren later thuiskomen smeult het vuur nog na… Als ik de volgende ochtend de grote tempel inloop zitten er tientallen mensen op de grond rond grote schalen geld, te sorteren, te tellen, stapels te maken. Het lijkt wel een bank, een vreemd zicht is het om de monniken met armen vol nette stapels geld weg te zien lopen.

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De dagen die we in Vientiane doorbrengen vullen zich met marktjes doen, rondwandelen, toch maar ons Thaïs visum regelen, profiteren van een goedgevulde winkel voor pindakaas, confituur die niet naar snoep smaakt, melk, cornflakes en Italiaanse pasta (een bolognaise met Chinese noedels is gewoon niet hetzelfde…). De laatste dag in Vientiane gaan we met 5 families/koppels overlanders naar een Aquapark, een hele dag zwemmen, glijden, roetsjen, over golven springen, duiken en weken. Had ik al gezegd dat we in vakantie-mood waren?!

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Laos is het land van grotten en watervallen. Samen met onze Franse vrienden bezoeken we een paar dagen later de Konglor grotten, temidden van een prachtige omgeving waar rijstvelden en karstgebergte elkaar afwisselen. De grotten, die we per boot ontdekken, zijn indrukwekkend. Het is pikkedonker, het enige licht komt van onze lampen die de muren en hoge plafonds aftasten en een lamp die het water voor ons verlicht, terwijl de gids ons behendig over de ondergronds rivier gidst. Na zeven kilometer opent de berg zich voor ons als een gapend gat. Waarna we rechtsomkeer maken en de rivier nu stroomafwaarts volgen, terug naar de andere kant van de berg.

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Laos heeft één grote centrale weg die het noorden van het land met het zuiden verbindt en waar we zo vaak mogelijk van proberen af te gaan. De weg naar het oosten is weer prachtig, Laos heeft zich de afgelopen weken al als een paradijselijke plek aan ons getoond. In Lak Sao slapen we weer in de tuin van een ommuurde tempel, het zijn vaak ruime en rustige plekken, de monniken zijn steeds erg enthousiast ons te ontvangen dus het zijn ideale kampeerplaatsen voor ons. Het valt op hoe weinig discipline er hier rond de tempel heerst, jeugd op brommertjes hangt er rond met jonge monniken met witte oortjes in, het ligt er vol afval.

‘s Avonds krijgen we bezoek van Alek, met zijn dertien jaar volgens hemzelf de jongste monnik van het klooster. Alek is geïnteresseerd in Lily’s schoolboeken, maakt vlotjes haar rekenoefeningen en bestudeert met Jérôme de wereldkaart. Het verloren brood kan hem niet verleiden… In Laos brengen zo goed als alle jongens enige tijd door in een tempel en worden ze niet matuur geacht als ze deze spirituele ‘stage’ niet doorlopen hebben. Sommige van deze novicen verblijven enkel tijdens de zomermaanden in het klooster, anderen brengen er hun hele schooltijd door. Het is dan ook niet verbazingwekkend dat je overal in Laos jonge monniken in oranje gewaad ziet lopen, achterop brommertjes ziet zitten, ziet voetballen. ‘s Ochtends zie je ze in lange rij op blote voeten door de straten lopen met een grote mand in hun handen waarin ze ‘sticky rice’ ontvangen van de buurtbewoners, die vroeg opstaan om voor hun monniken rijst klaar te maken en deze aan hen te offeren. Deze traditie, tak bat, is een grote toeristenattractie in Luang Prabang, maar is zichtbaar in alle steden en grotere dorpen en vaak zien we de rijen jonge novicen nieuwsgierig de camion passeren.

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De volgende dag kamperen we naast een rivier nadat we een klein zandweggetje hebben gevolgd. Jérôme zit met enkele vissers rond een vuur visjes te eten, ik ben met de kinderen aan het zwemmen, als het begint te gieten. De zandweg verandert eerst in een modderweg, dan in een modderrivier. De volgende ochtend, onder een straalblauwe hemel, gaat Jérôme op pad om de staat van de weg in te schatten. We staan net onder een kleine helling, de weg is smal, bochtig, vol putten of uitstekende rotsen en diepe moddersporen. Nadat we de zandplaten op de moeilijkste plekken hebben gelegd en gaten hebben gevuld met stenen en hout sjeest Jérôme met de camion glijdend de helling op, slipt boven nog een paar keer in diepe modderputten, modder spettert alle kanten op.

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Ter hoogte van Tha Kaek komen we weer op de hoofdweg die we even zuidelijk volgen om vervolgens weer naar het oosten af te slaan. In een dorpje zetten we ons weer op het grasveld voor een tempel. Er hangen veel kinderen rond en het duurt niet lang of er wordt goed samengespeeld. Een vrouw spreekt me aan en leidt me mee naar het hoofdgebouw. Ik begrijp dat haar zoon, een monnik, twee weken geleden gestorven is en dat er gedurende een maand gerouwd wordt in de tempel. Rond zijn foto branden kaarsen en wierook, liggen stapels geschenken, schalen fruit en ornamenten versierd met geldbriefjes. Als het rond halfzes donker wordt schalt er vanuit de tempel luide muziek en stroomt er veel volk heen. We denken eerst dat het te maken heeft met de offerandes voor de gestorven monnik, maar de muziek is te funky en als we na het eten gaan kijken blijkt dat het gebouw wordt gebruikt als goktent. Rond het altaar voor de gestorven monnik, waar zijn familie op matrassen ligt te slapen, wordt door groepjes mensen voor geld gegokt, gerookt, gedronken. Als we over de eerste verbazing zijn en Jérôme de regels begint te begrijpen, spelen de meisjes mee. Zoé wint keer op keer en verdient haar inzet eerst ruim terug, maar speelt haar geld uiteindelijk toch allemaal kwijt, tot haar grote frustratie…

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De volgende dag rijden we over een rode zandweg richting de Faberts, met wie we nog een paar dagen samen gaan doorbrengen. De eerste tien en de laatste tien kilometer zijn perfecte piste, de rode weg, de groene tropische begroeiing, de velden vol maniok; we wanen ons in Afrika, alleen de lachende gezichtjes die vanaf de kant van de weg naar ons wuiven verraden dat we in Azië zijn. De middelste tien kilometer bestaat uit diepe putten, twijfelachtige bruggetjes, steile modderige hellingen en grote waterplassen met onverwachte putten. De camion stelt ons wederom niet teleur!

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In Tad Lo vinden we een perfecte kampeerplek naast de rivier en blijven we een paar dagen kamperen met onze Franse vrienden. Er wordt gezwommen, gewandeld en onze eerste olifanten worden gespot! We bezoeken een waterval en kunnen boven op het plateau, waar het water zo’n 90 meter naar beneden valt, over de rotsen kruipen tot midden op het plateau. Een perfecte plek om te picknicken, te zwemmen en van de rotsen te springen, ook Felix gooit zich zonder vrees in het water.

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We blijven de hoofdweg zuidelijk volgen, de grens met Cambodia is nu niet ver meer. We stoppen eerst nog in Champasak, een pitturesk dorp van vergane glorie waar we nabij Wat Phou kamperen. Wat Phou is een oud Khmer – Hindu tempelcomplex gebouwd ter ere van Shiva, daterend uit de 7e tot 12e eeuw en gebouwd nog voordat de constructie van het bekende Angkor Wat in Cambodia begon. In de 14e eeuw werd de tempel Boeddhistisch en de site speelt tot vandaag een grote rol in het lokale religieuze leven. De ruïnes zijn mooi, de sfeer is sereen, het uitzicht over de omliggende rijstvelden en de Mekong is groots, het avondlicht is warm. Het dorp is de perfecte mix tussen tropische zaligheid, prachtige oud koloniale gebouwen naast mooie houten huizen op palen, waarachter de machtige Mekong vloeit. Een plek om nog even te blijven, ware het niet dat Cambodia roept.

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Laos heeft ons verleid met haar schoonheid, haar gemoedelijke sfeer en vriendelijke gezichtjes. Met haar smaken en haar geuren (frangipanibloemen…), haar gekwetter en haar kleuren. De kinderen hebben zich geamuseerd en waren (bijna altijd) fantastisch, we hebben genoten van vele momenten met vrienden, van de easy-goingheid van dit land, het warme welkom.

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Laos verlaten duurt welgeteld vijf minuten, Cambodia binnen geraken is iets anders. Deze grensovergang zal ons bijblijven als ‘de ergste van allemaal’. Corrupte en schreeuwende douaniers, geblaf, machtsvertoon, zelfs de kinderen krijgen geen glimlach van hen los en worden toegeschreeuwd als ze ook een formulier invullen met gekrabbel. Gelukkig toonde Cambodia zich de afgelopen weken van een heel andere kant, een kant die we herkennen. Want beiden zijn we al in Cambodia geweest, net voordat we elkaar 9 jaar geleden ontmoetten op die vlucht waarmee het allemaal begon…

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A wish a day keeps the homesickness away

Net voor ons vertrek kregen we van onze fantastische vrienden van de (al even fantastische) school van de kinderen een geschenk, waar velen onder jullie aan bijgedragen hebben. Een geschenk dat een vast plekje gekregen heeft in de camion en dat ons, elke keer dat we het openen, deugd doet.
De 365 wensen, opdrachtjes en lieve woorden, samengebracht tot een grote kalender, brengen ons even dicht tot bij jullie, doen ons aan jullie denken maar doen ons vooral ook voelen dat jullie aan ons denken, en dat is een fijn gevoel.
De kalender wordt niet dagelijks gelezen, daarvoor is ons leven hier te weinig routineus en zijn wij te vergeetachtig. Maar eens per week, twee weken, worden we er door de kinderen op gewezen dat we de kalender moeten bijlezen en lezen we meteen een tiental dagen. We proberen de opdrachtjes uit te voeren maar niet per se op dezelfde dag. Ook niet alle opdrachten zijn even uitvoerbaar…

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Zo hebben we al in opdracht van velen van jullie dagen vol geluk beleefd, dagen zonder zorgen, journées remplies de bonheur et des beaux paysages, dagen zonder diarree et indigestion, plein de saveurs, stralende zomerdagen, des journées extravagantes, heureuse et formidable, dagen vol leuke ontmoetingen, met regenbogen, des journées lumineuses et belles, des journées sans neige, des journées rigolotte, même une journée rose.

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We hebben ook al verschillende gezinsknuffels gegeven, zijn samen in zingen uitgebarsten, hebben samen gepompt, sit-ups gedaan en de plank gedaan, on a tous chanté La reine des neiges, we hebben gezwommen in zwembad/meer/rivier/zee (ook, zoals opgegeven, in ons blootje), nous avons fait le tour du camion sur un pied, we hebben geraden wat twee hoofden, zes benen en één staart heeft, we have seen rainbows en we hebben samen de warmte van de zon, de koelheid van de regen en onze liefde voor elkaar gevoeld.
On s’est ennuyé en zijn samen minstens vijf minuten stil geweest. We zijn gesprekken aangegaan met onbekenden, on a crié tous ensemble, ‘vive la vie’! We hebben paardgereden en hebben kamelen gezien en ook daar op gereden. Nous avons chante une chanson avec le mot ‘vriend’ dedans mais on n’a pas dit le mot ‘stront’ devant un douanier. We hebben vijf keer op een dag naar ‘Tous les mêmes’ van Stromae geluisterd, hebben gedanst en samen de slappe lach gehad, we hebben middagdutjes gedaan maar niet genoeg en een nummer van de Beatles gefloten (Yellow Submarine).

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Nous avons apris que les diables rouges sont plus que jamais les futurs champions de l’Europe (ah bon?), we hebben tien Vlaamse zangers opgenoemd (maar vraag ons er geen twintig!), met Kapitein Winokio meegezongen en insecten gezocht. En we hebben al heel veel aan een zeker iemand gedacht die veel van de missende kalenderblaadjes heeft ingevuld… On a fait un beau feu de bois et nous avons passés des soirées en famille. De kinderen hebben al goed uitgeslapen, et nous aussi, we hebben elkaar verteld wat we het leukst vonden et nous avons rangé le camion (et c’est vrai qu’il était temps!).
De kinderen zijn al heel lief geweest voor hun ouders en hebben ons al veel kusjes gegeven, Lily a dormi avec sa maman dans le grand lit et Zoé avec son papa. Felix heeft al zo luid als een leeuw geschreeuwd en heeft de afwas gedaan. Zoé a massé les pieds de son papa, a chanté une chanson et a fait un gros câlin a tout le monde. Les enfants ont ramassés plein de cailloux, hebben een grote toren van stenen gemaakt en liedjes gezongen van op school en de crèche. Lily s’est occupé de sa soeur et de son frère en heeft met haar knuffels gespeeld. Zoé heeft de lekkerste taart van het land voor haar verjaardag gekregen en Lily heeft verstoppertje gespeeld. Alle nagels zijn gelakt, er zijn tekeningen gemaakt van de familie op reis, er is luidkeels ‘Pipi Langkous’ gezongen en er zijn al een heleboel protjes gelaten (et oui, presque autant que le camion se transforme en montgolfière!). Zoé heeft het liedje van Mega Mindy gezongen (hoewel ze daar geen fan van is) en de kinderen hebben een film gezien (La Grande Vadrouille, en nog eens en nog eens,…). Les filles ont fait un beau bouquet de fleurs pour leur maman en we hebben samen de bloemetjes bewonderd, we hebben hun haren gevlochten en er bloemen in gestoken.
Jérôme a sorti la poubelle, a fait la vaisselle et a préparé des repas. Tine a été le moteur pour faire fonctionner la machine pendant que Jerome a donné de l’amour et du support a toute la famille et a essayé de lâcher prise…

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We hebben al menigmaal ontbeten in een mooi (voorjaars)zonnetje, we hebben al een paar keer goesting gehad in een goeie friet met mayonaise en hebben dat ook al een paar keer gegeten. We hebben al heel veel bananen gegeten en een boterham met kaas en tomaatjes, on a pris l’apéro, hebben nieuwe ingrediënten uitgeprobeerd, spaghetti gegeten en met stokjes gegeten. We hebben ijsjes gegeten maar geen dame blanche met warme chocoladesaus, crème fraîche, chocoladeschilfertjes en een krokant koekje (helaas…)

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Er zijn ook verschillende opdrachten die we niet gedaan hebben. Zo hebben we geen frieten gebakken voor iemand die we zijn tegengekomen, hebben we geen petekind voor Annabel gemaakt (en dat gaan we ook niet meer doen, sorry), on n’a pas pissé dans le réservoir du camion ni fait un gateau, yoga gedaan, en ballekes in tomatensaus hebben we ook nog nooit gemaakt. Jérôme n’a pas coupé du bois mais il a été chercher du bois avec les enfants pour faire un feu de camp. We hebben geen steak béarnaise gegeten en ook nog geen kikkers of sprinkhanen mais Jérôme a mangé du chien. We hebben nog nooit de Brabançonne van op het dak van de camion gezongen en weten ook niet of we wel altijd een goeie vertegenwoordiging van ons land zijn.
Maar wel, en dat wenste niemand ons dan weer, hebben we dagen met storm en wind gekend, dagen met zagende/wenende/vervelende kinderen, met slechte wegen en onverwacht diepe putten, avonden opgesloten in de camion omdat er iemand hysterisch wordt van de muggen, het plafond vol dode muggen/ons bloed plakt en de kinderen een moordzuchtige blik in hun ogen krijgen en mee op jacht willen, dagen dat we de kinderen achter het behang willen plakken, dagen dat we snakken naar wat tijd alleen, dagen dat alles in de camion bedekt is onder een laagje rood stof, dagen vol administratieve of logistieke knopen, dagen met een uitpuilende wasmand en geen schone onderbroek meer om aan te trekken. Of avonden met kinderen die niet willen gaan slapen tewijl we die paar schaarse uurtjes zonder kinderen echt nodig hebben, hete nachten dat we allemaal in ons bed liggen te zweten, koude nachten dat de temperatuur in de camion bijna het vriespunt bereikt, nachten met kinderen die om de beurt naar toilet moeten en mij daar blijkbaar bij nodig hebben, ochtenden veel te vroeg gewekt door wakkere kinderen, hanen of nieuwsgierige Chinezen …

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Gelukkig overwegen de zonnige dagen met prachtige zonsondergangen (voor zonsopgangen slapen we te graag…), les journées drôles, accompagnés par des gens sympas, gelukkige dagen met een mooi zicht, dagen vol kindergelach, les journees ensoleillés, remplie de rencontres avec des belles personnes, dagen met een goede gezondheid, lekker ruikende dagen en tegenwoordig zelfs de tropische dagen.

Bedankt!

En een extra dikke merci aan degenen die het bedacht en georganiseerd hebben :-)

 


Chine, Chine et Patachine

A la veille de notre sortie de Chine, Felice nous avoue un peu embêtée que Luke, son mari, souffre depuis longtemps de pyromanie chronique et qu’il a déjà mis le feu à plusieurs hectares de maquis australien. Même si elle exagère sans doute un peu, cela ne nous étonne qu’à peine. Nous avions bien remarqué ses yeux briller plus que d’habitude quand il a lancé ses premiers feux d’artifice, achetés au bord de la route, sur le parking de la Forêt des Pierres au Yunnan pour le plus grand bonheur de nos enfants et de leurs petits copains de voyage français Andrea et Louison. Il remit ça deux jours plus tard avec une batterie de pétards bien plus imposante. Mais cette fois, nous sommes restés paf quand il nous a rejoint près des camions à l’heure de l’apéro avec plus de trente kilos de véritables fusées, d’autant plus que notre bivouac se situait en plein centre-ville et que Luke avait la ferme intention de mettre le feu aux poudres à vingt mètres à peine de la rue principale. Pas vraiment froid aux yeux l’australien, si ce n’est qu’il a quand même laissé à Jens, notre jeune guide chinois, la responsabilité de donner l’ordre de tir. Jens n’a à vrai dire pas eu trop le choix compte tenu de l’insistance de quatorze voyageurs enthousiastes (ses clients) qui souhaitaient fêter leur dernière nuit en Chine dignement. Nous ne fument pas déçus. Le spectacle était digne d’un final du Tour des Sites (j’exagère à peine) à Villers la Ville. Cependant pas un seul chinois ne s’est étonné de cette pétarade non autorisée. Aucune réprimande policière. Il faut dire qu’ici en Chine, pas de vraie fête sans quelques gerbes de couleurs dans le ciel. Et à Jens de paraître enfin soulagé d’avoir répondu au dernier souhait de ce groupe qui lui en a fait voir de toute les couleurs en 27 jours de voyage.

Comme nous l’avions déjà mentionné dans un précédent article, il n’est pas autorisé de visiter la Chine avec son propre véhicule en toute indépendance. Pas de problème quand on voyage à pied, à vélo ou en transport en commun, mais en moto ou en voiture il est obligatoire de passer par une agence de voyage chinoise, de suivre un itinéraire préétabli et de se faire accompagner d’un guide. On doit également obtenir une plaque d’immatriculation et un permis de conduire chinois. Tout cela coûte terriblement cher (autour de 10.000 euros sans compter les visas, les péages, les visites touristiques et les frais de nourriture et de logement). C’est pour cela que les voyageurs se regroupent en convoi après consultation des forums spécialisés sur le net. Nous avons formé notre groupe durant les premières semaines de notre voyage, mais nous ne nous sommes rencontrés qu’en Mongolie à quelques jours de notre entrée en Chine. Nous étions très heureux de constater que notre groupe était constitué de gens bien sympathiques, ce qui ce confirma à 90% pendant la traversée.

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Il y a les Fabert (Mathieu et Jennifer), joyeuse famille française avec deux enfants de 9 et 7 ans (très copains avec les nôtres) partie en juin de Marseille et ayant rejoint la Mongolie par la Russie. Ils se réservent l’Asie centrale et l’Iran pour le retour. Pas exclu qu’on aille leur rendre visite à Marseille quand ils seront rentrés. Arne et Jenny, un jeune couple allemand gaiement givré, ont entamé il y quelques mois un voyage de 2 ou 3 ans (ou plus) en Mercedes Sprinter aménagé. Luke et Felice sont partis de Londres et rejoignent l’Australie. Ils iront s’installer en Californie à leur retour et devraient rapidement faire des petits maintenant qu’ils ont vu qu’il est tout à fait possible de voyager avec des jeunes enfants. Ils sont accompagnés de Jo, la sœur de Luke. Extrêmement gentils, nos enfants les adorent et ont donc par la même occasion bien progressé en anglais. Kevin et Barbara, couple de sexagénaires anglo-hollandais, ont déjà parcouru une bonne partie de la planète. Appréciés aussi des enfants, ils auraient pu être les super papi et mamie du groupe. Malheureusement, ils ont fait un peu bande à part et nous les avons finalement peu côtoyés. Ce qui n’a pas entamé la bonne ambiance au sein du groupe restant. Et puis, il y a Jens, notre guide. 26 ans, licencié en langues, récemment marié, plus logisticien qu’historien, parlant assez bien l’anglais et l’allemand et avec un sens de l’humour plutôt européen. Avec son épouse, il a créé un petite entreprise d’import-export à Chengdu et pour arrondir ses fins de mois, il accompagne des voyageurs à travers la Chine. Il en est à son deuxième voyage. Extrêmement sympathique, un peu tête en l’air, il s’est vraiment décarcassé pour faciliter notre voyage. Nous étions tous bien tristes lors des adieux à la frontière avec le Laos.

Le voyage en Chine n’est pas de tout repos. Le rythme est soutenu. Les étapes sont préétablies; des changements sont possibles mais à la marge uniquement. Nous nous levons généralement à 7h (parfois plus tôt encore) et roulons entre quatre et sept heures avant de visiter un site en fin d’après-midi ou le matin suivant pour repartir de suite vers notre prochain bivouac. Les pauses déjeuner sont minutées d’autant plus que nos compagnons de route sont assez ponctuels. Pas mal de stress pour nous quand tous les moteurs ronronnent déjà et que nos enfants doivent encore aller faire pipi, être attachés à leurs sièges et qu’ils n’arrivent pas à se mettre d’accord sur qui va devant et qui reste à l’arrière. Les soirées sont nettement plus relax et souvent joyeuses: repas dans le camion ou petit resto quand on est en ville, ensuite bières, discussions et rigolades qui se terminent pour certains parfois bien tard. L’ambiance au sein du groupe est excellente. En général nous dormons sur des parkings aménagés, à l’entrée du site visité, à côté d’un stade ou au centre-ville. Pas vraiment excitant comme bivouacs, mais toujours propres et chouettes plaines de jeu pour les enfants. Pas facile pour faire les lessives cependant et peu d’occasion de profiter d’une bonne connexion wifi.

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Les sites que nous visitons sont très aménagés (parkings, minibus, téléférique, restauration et magasins de souvenirs) essentiellement axés sur les touristes chinois. Les centre-villes historiques, comme ceux de Pingyao ou de Lijiang, sont jolis et typiques, mais assez commerciaux, un peu comme à Venise. Nous visitons ainsi, entre autres, la grande muraille, la cité interdite de Beijing, le temple Kung-fu de Shaolin, les grottes de Yungang, le grand bouddha de Leshan, l’armée de terre cuite de Xi-an, la réserve de pandas de Chengdu.

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Les enfants se sentent bien malgré la fatigue. Ils profitent à fond du voyage avec leurs petits copains français. Ils ont particulièrement aimé les pandas, les feux d’artifice de Luke, la soirée karaoké et l’école de kung-fu Shaolin. Si tant qu’ils ont mis eux-mêmes au point un spectacle de kung-fu pour le présenter au groupe en soirée. A cinq, ils attirent l’attention (surtout quand ils arpentent les sites les uns derrière les autres en chantant ‘ah ah à la queue leu leu’ ou ‘il était une bergère’) et se font prendre en photo à tire-larigot. Cela reste cependant supportable. A notre grande surprise, l’attention pour nos bambins est bien moins grande qu’en Iran. Felix, lui, garde ses distances avec les locaux et continue de crier bien fort “no photo” quand un smartphone est pointé sur lui. Il adore cependant se promener main dans la main avec les filles du groupe. La belle Felice en particulier lui a tapé dans l’œil.

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Nous roulons essentiellement sur les autoroutes, payantes malheureusement (gros budget), mais impossible de traverser la Chine en moins d’un mois par les routes secondaires. Dans le nord, relativement plat, c’est un peu barbant d’autant plus que le brouillard omniprésent ne nous permet pas de voir à plus de 200 m de part et d’autre de la route. Dans les montagnes luxuriantes du sud, c’est nettement plus joli et plus rigolo. La succession de ponts gigantesques, de chaussées suspendues et de longs tunnels pas toujours bien éclairés est impressionnante. A un moment, pour passer un col, nous faisons, en une dizaine de kilomètres, le tour en colimaçon sur 360° de deux montagnes successives, d’abord sur un pont posé tout autour du flanc de la première montagne, ensuite la même chose mais dans un tunnel creusé dans le flanc de la seconde. Le sud offre vraiment des paysages splendides. De larges massifs montagneux formés par de nombreux sommets relativement peu élevés (plus les Vosges que les Alpes) souvent entièrement couverts d’une végétation dense, même carrément tropicale à proximité des frontières birmane et laotienne. De jolies terrasses aussi où poussent maïs, riz, thé, ainsi que quelques imposantes plantations de bananes.

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Nous avons particulièrement apprécié nos étapes dans ces montagnes du sud où nous nous aventurons à plusieurs reprises sur les petites routes souvent vertigineuses (précipices imposants le respect, nombreuses traces de glissement de terrain, accidents,…) et en particulier notre journée de repos autour du lac de Lugu, notre seul bivouac plus ou moins sauvage. Les villages de ces régions sont très pittoresques et correspondent à ce que nous nous imaginions de la Chine profonde.

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Dans le Sichuan et le Yunnan, les habits traditionnels de tribus minoritaires (en opposition aux Han, majoritaires sur l’ensemble du pays) colorent les paysages. Les Mosu sont particulièrement reconnaissables. Ils forment une des dernières sociétés matriarcales au monde. Les jeunes filles ne se marient pas et peuvent avoir des relations avec plusieurs amants successifs. Elles élèvent seules les enfants issus de ces unions furtives. Mais cette coutume a tendance à disparaître notamment parce que nombreux chinois Han venus s’installer dans la région ont apparemment tenté de profiter de cette tradition ancestrale.

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Nous pensions voir une Chine plus sale, plus rude, mais à part quelques crachats bruyants nous gardons le souvenir d’un pays relativement propre (nettement plus qu’il y a quinze ans selon Tine), des gens curieux, souriants et gentils. Après la Mongolie entièrement parfumée au mouton, nous avons eu le bonheur de goûter à l’extraordinaire cuisine chinoise: dumplings, merveilleuses soupes épicées, noodles, riz sauté, hotpot, etc… Difficile cependant de trouver du bon pain, des céréales, de la confiture ou du yaourt, tout ce qui constitue nos petits déjeuners dans le camion. Je n’en suis pas fier, mais j’ai même essayé la viande de chien (il faut dire qu’il était 3h du matin et que nous étions tous très imbibés après une soirée karaoké mémorable). Hormis une bonne indigestion pour Tine après la soirée ‘hotpot’ et un estomac légèrement barbouillé pour moi pendant 2 jours (était-ce le chien ou l’alcool de riz du karaoké?) nous avons bien résisté.

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Nous sommes maintenant au Laos. L’Asie du sud-ouest constitue notre dernière grande étape. J’avais un peu peur les premiers mois qu’on soit tenu d’interrompre le voyage prématurément en raison d’un problème mécanique ou de santé. Que dire si on avait du rebrousser chemin après les Balkans par exemple en raison d’un moteur cassé? Je pensais souvent à tous ces navigateurs qui doivent abandonner leur tour du monde sans avoir passer le golfe de Gascogne,… après tant d’efforts à préparer leur aventure. Mais là, arrivé à ce stade, cette pensée m’a quitté et j’en suis heureux. Je vais maintenant suivre autant que possible les aventuriers (les vrais ceux-là) du Vendée Globe sur le site internet de la course.

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Ici l’ambiance est carrément tropicale. Les papillons sont trois fois plus grands que chez nous. Les araignées ont la taille de la main de Tine. Les moustiquaires sont en place. Après avoir passé deux nuits dans un joli et confortable bungalow en bois pour nous reposer de la Chine, nous continuons un bout de chemin avec nos amis français et allemands. Nous devrions atteindre le Cambodge dans trois semaines et entrer en Thaïlande autour du 20 décembre. La législation thaïlandaise relative à l’importation temporaire de véhicules étrangers a cependant changé récemment et nous avons dû introduire une demande de dérogation pour notre camping car. Nous ne sommes pas encore certains de pouvoir y faire rentrer le camion. Quoi qu’ il en soit, nous irons passer la période des fêtes à Chang Mai avec ma sœur Charlotte et sa famille et avec Florence et Esther. Nous devrions aussi retrouver opa et oma au mois de janvier et Jonas, le frère de Tine et sa copine en février. Nous avons hâte de les voir!

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Hâte aussi de vous revoir tous, mais cela c’est pour dans quatre mois. On va d’abord encore en profiter un peu…

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